Raconte moi des histoires

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

Endless night, une plutôt bonne surprise

Ce que j’aime avec Netflix, c’est la possibilité de voir un peu ce qu’il se fait dans d’autres pays. Même si j’aimerais plus de fictions québécoises car je suis encore obligée de passer par France TV. Et il manque toujours une saison ou deux. Et j’aurais bien aimé voir la saison 03 des Simone. Bref, je navigue de fictions coréennes en productions turques en passant par nos amis belges. Et après Into the night que j’ai pas trop aimé, j’ai lancé the Endless night, alléchée par le synopsis. Et franchement, j’en attendais pas grand chose et j’ai plutôt été agréablement surprise.

Endless Night

Une drogue surpuissante

Le pitch. Une bande de jeunes gens testent une nouvelle drogue fort puissante, une pilule expérimentale contre les troubles du sommeil qui déclenche des trips oniriques.  Lors de la première prise, Pauline se brise la jambe en sautant, en plein délire, dans une piscine vide. Mais nos ados sont peu réfléchis et retentent l’expérience car “c’est trop cool”. A la deuxième prise, c’est Sébastien qui part en vrille et est ramassé par Eva, une jeune du lycée qui passait par là. Grâce à cette rencontre, elle va, elle aussi, découvrir la pilule bleue. Non, pas du viagra… Eva va alors réaliser que les trips ne sont pas que des trips mais qu’ils amènent les consommateurs dans un univers étrange où rôde une femme au masque de chouette.

Endless Night dans une gare désaffectée

Une fiction onirico-mystique

Y a aussi une histoire d’hôpital qui soigne des patients victimes de troubles du sommeil grâce à une technologie qui “voit” les rêves mais je ne vais pas plus rentrer dans les détails. Je vais utiliser cet article pour inaugurer une nouvelle catégorie sur les productions onirico-mystiques parce que j’adore ça, en fait. Enfin, “j’adore” quand c’est bien fait et déroutant, j’entends. Parce que des séries mystiques nulles, j’en ai croisées quelques unes. Quand je lâche avant la fin de la première saison alors que je suis hyper cliente de ce genre de production, c’est vraiment que ça va pas. Pour le coup, Endless Night m’a pas mal surprise car si je trouvais le pitch un peu convenu. On aurait dit Kiss me first qui remplace la réalité virtuelle par la drogue. La série est plutôt intrigante dans son développement et réussit bien à brouiller les pistes. Arrive un moment où tu ne sais plus bien si tu es dans le rêve ou la réalité mais la série te donne des indices. Même si, comme une connasse que je suis, j’ai d’abord cru à des erreurs d’écriture. Exactement comme dans Sixième sens où j’ai pris tous les trucs de fantôme pour des erreurs d’écriture ou de montage. Sur le sujet, je vous renvoie à Crossed sur Existenz… Faudrait que Karim Debbache refasse des vidéos, ça évitera que je cite toujours les trois mêmes.

Endless Night et la femme chouette

Un bon équilibre réel-rêve

Déjà, rien que ça, c’est une prouesse. Les fictions qui jouent sur le trouble en réel et rêve, je peux en citer des dizaines. En vrai, je suis même pas certaine qu’il soit possible de citer une seule fiction où il n’y a pas une scène onirique qui nous fait croire qu’un personnage se fait tuer ou je sais pas quoi. Le rêveur ou la rêveuse se réveille en sursautant, se redressant sur son lit comme personne ne le fait jamais. Tiens idée d’article : ce cliché du réveil très tonique. Neuf fois sur dix, je ne marche pas. Parce que c’est vu 40 fois. Là, par contre, je trouve les scènes oniriques intéressantes… déjà parce qu’elles ne partent pas dans n’importe quoi. Elles mettent en scène les désirs de vie des personnages, un secret de famille oublié mais pas de “ahah, je te tue mais en fait non !”. Le rêve permet aussi de révéler en creux les frustrations des personnages, de plus en plus tentés de rester dans cet univers onirique où ils réussissent plutôt que leur vie quotidienne morne.

Rêver ou être éveillé ?

L’héroïne n’est pas la jolie blonde

Autre point que je me dois de souligner : la distribution. Ou comment c’est pas la fille la plus jolie en lead de la série. Jolie d’un point de vue des stéréotypes. Lors des premières scènes, on suit Pauline. Blonde aux cheveux longs, mince et jolie. Mais on va très vite comprendre que la véritable héroïne, c’est Eva. Eurasienne aux cheveux ras, moins typique. Bon, elle est pas moche non plus, faut pas exagérer mais ça fait du bien de voir le curseur se déplacer un peu. Pauline sera même assez hostile à la nouvelle venue dans la bande de potes au départ.

Endless night, le cast féminin

Quelques fulgurances dans les dialogues

Niveau écriture, notamment des dialogues, y a à boire et à manger. On a droit à des immenses clichés genre Pauline et son mec qui décident de prendre une pilule pour voir ce que ça fait quand on fait l’amour. Le mec lui met la pilule dans la bouche et lui sort “viens, on part en voyage”. Oh my, est-ce qu’il existe une scène de drogue en couple où cette phrase n’est pas prononcée ? A côté de ça, quelques fulgurances comme Pauline qui se dispute avec son mec. Celui-ci la charrie en mode “ben alors, t’as peur ?” et elle de lui répondre “Oui et si t’étais moins con, toi aussi, t’aurais peur !”. Cette phrase… En fait, j’ai un sentiment un peu ambivalent sur le sujet. Je trouve certains dialogues un peu forcés et un peu “récités”. Ca sonne faux et quand on n’a pas le bon ton, ça me sort du truc. Mais il y avait des fulgurances. Je me demande si certains dialogues n’étaient pas un peu improvisés par les acteurices, ce qui recalait un ton plus juste. En tout cas, le “toi aussi, t’aurais peur si t’étais moins con”, je me le garde pour calmer les ardeurs de casse-cous… Même si, à mon âge, je doute d’avoir beaucoup d’occasions de la ressortir.

La prise de drogue est dangereuse pour la santé

Aïe non, le cliffhanger de fin

Sur le rythme, la série gère bien. Le dénouement est peut-être un peu faiblard mais globalement ça marche. Sauf un truc : le cliffhanger. Ah, ça me saoule de regarder des séries estampillées “mini-séries” mais non, en fait, c’était juste la saison 01, ahah. Surtout que pour le coup, je ne comprends pas le choix scénaristique. Le cliffhanger concerne un personnage donc je me fous pas mal. Personnage bien mis de côté sur ce dernier épisode pour nous surprendre avec le cliffhanger, je suppose mais… C’est tellement sur un personnage qui ne m’intéresse pas que j’étais là “Ah ? Ah.” J’ai eu tout ce qu’il me fallait sur cet univers, je ne suis pas intéressée par une saison 02. Parce que je sais que ce sera la saison de trop. 

Nina

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Revenir en haut de page