RACONTE MOI DES HISTOIRES

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

The Woman in the House Across the Street from the Girl in the Window , la série qui m’a trollée

Le souci avec les programmes Netflix, c’est de trouver sa prochaine came. Après Formula One saison 4 et L’arnaqueur de Tinder, on fouille sans conviction dans le catalogue. Ah tiens, The Woman in the House Across the Street from the Girl in the Window, un thriller bizarre avec Kirsten Bell. Actrice que j’aime bien car The good place. Sur lequel j’ai pas écrit d’article ? Hop, dans la to do. Y a des acteurices, comme ça, tu les vois et de suite, c’est comme un gage de qualité. Est-ce que ce fut le cas pour The Woman in the House Across the Street from the Girl in the Window ? Et bien… je ne sais pas vu que la série m’a trollée. 

The Woman in the House Across the Street from the Girl in the Window

Une alcoolique témoin d’un meurtre imaginaire

L’histoire : Anna a sombré dans l’alcool depuis que sa petite fille est morte et que son mari l’a quittée. Elle passe ses journées à cuisiner du gratin au poulet, lire des polars façon La fille du train en buvant du vin dans des verres qui pourraient servir d’aquarium. Ah, c’est rigolo, on voit très bien la référence au fameux roman sus-cité, la série s’appelle presque pareil. Et d’ailleurs, un soir, Anna est témoin de l’assassinat de sa nouvelle voisine. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de corps et que ladite voisine n’est soit-disant pas morte. Hallucinations dues à un mélange pilule-alcool ou réel assassinat ? Anna va mener l’enquête. 

Kristen Bell dans the woman in the house across the street from the girl in the window

Une série bien foutue mais qui me trolle ?

Bon, passons sur le positif : la série fonctionne bien. Il n’y a que huit épisodes assez courts et j’apprécie de plus en plus ce format mini-série. Kristen Bell est toujours géniale, l’intrigue se tient. Relativement. Relativement car c’est là tout le troll de la série. Donc à partir de ce point de l’article, je risque de spoiler. Allez regarder la série si le cœur vous en dit. Ça vous prendra environ 3h30, ça les vaut. C’est bon, vous êtes partis ? Bon, pour ceux qui restent et qui auraient vu la série : c’était quoi ce truc ? J’ai aimé la série mais clairement, j’ai cru deviner une promesse et finalement… C’est moi ou c’était un troll voulu ?

Où est la réalité des faits ?

Durant ma petite vingtaine, il y a deux films qui m’ont marquée. A savoir Mulholland Drive et Sixième Sens. Parce que nous avions à faire à deux styles de mindfuck que je trouve encore aujourd’hui intéressants. Et les deux vont me servir à vous expliquer mon ressenti face à la série. Plusieurs fois, je me suis dit « non mais tout ça n’est pas réel ». Plus la série avançait plus je la trouvais absurde, plus j’attendais avec conviction le « non mais en vrai, tout ça, c’est dans sa tête ». Après tout, dès la scène d’intro, Anna nous prévient « j’ai beaucoup trop d’imagination et j’ai une voix off dans ma tête comme dans les séries ». Oui, y a du Desperate Housewive, un peu aussi. Bref, à un moment, y a eu un « non ça ne se peut pas », c’est trop gros. Et  partir de là, j’ai traqué les indices. Notamment la collection hallucinante de plats à gratin d’Anna qui passe son temps à les fracasser mais elle en a toujours un sous la main. Un peu comme le cendrier piano de Mulholland Drive qui nous sert d’indice pour mesurer la temporalité. Et je réalise que ce plat mais un très bon set-up / pay off. 

Le gratin mystère

En attendant le Plot twist…

Mais j’ai parlé de Sixième sens, le film qui a sacralisé le plot twist pour toute une génération. Environ la mienne. Et tut-tut, pas de « Nan mais moi, je l’avais vu venir depuis le début », on s’en fout. Et oui, avant Sixième sens, y a de très bon films qui nous ont offert un plot twist de folie comme Usual Suspect ou même Se7en dans un autre style mais on va rester sur Sixième sens. Vous savez pourquoi Sixième sens m’a menée par le bout du nez ? Parce que j’ai pris toutes les scènes bizarres pour des maladresses de réalisation ou d’écriture. Typiquement la scène où il casse la porte de la boutique de sa femme. J’étais là « non mais c’est une porte vitrée, tout le monde l’a vu faire. C’est ridicule. » Et j’ai eu la même sensation avec les multiples plats au gratin. Je me suis persuadée qu’on me disséminait des indices. Que mes réflexions de connasse à base “non mais là, ça marche pas” étaient autant d’indices que l’histoire qu’on me raconte n’est pas tout à fait la même histoire. Comme Existenz, oui. Cf l’éternelle chronique de Karim Debbache. 

Les verres géants dans les séries américaines

Du vrai premier degré ?

Sauf que… non ? Durant les huit épisodes soit 3h30 d’histoire, j’étais tranquille dans mon canapé à balancer mes hypothèses à mon mec, tournant essentiellement autour de “tout ça n’est pas vrai”. J’avais mon faisceau d’indices, j’étais confiante. Elle imagine tout. Ou alors, elle est l’écrivaine des romans de type La fille du train que l’on voit durant toute la série, je… et non. Jamais ce n’est dit. Jamais on ne nous dira ça. La série se termine en nous faisant avaler que tout ce qu’on a vu était réel. Du pur premier degré. Pas d’indice d’une autre réalité. Les faits se sont passés tels qu’on nous les a racontés, tant pis s’ils paraissent un peu burlesques. Et j’avoue que je ne sais pas si j’adore ce parti-pris ou si ça m’agace. Je vois bien la parodie de ce genre de films sus-cités et surtout du roman La fille du train en mode “tout n’est pas ce que vous croyez”, option “l’héroïne est alcoolique, ne la croyez pas, elle délire”. 

Siroter un bon petit verre de vin

C’était marrant une saison mais pas deux

Bref, est-ce que The Woman in the House Across the Street from the Girl in the Window a été crééé pour parodier les Filles du train et compagnie… ou pour troller les spectateurs qui attendent patiemment un plot twist qui ne viendra jamais. Et finalement, j’ai trouvé cette petite farce assez drôle. Par contre, je suis pas certaine de lancer la saison 2 si elle existe. Malgré tout mon amour pour Kristen Bell.

Nina

2 réflexions sur « The Woman in the House Across the Street from the Girl in the Window , la série qui m’a trollée »

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