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Yaratilan, l’étrange Frankenstein turc

De temps en temps, je ressens le besoin de regarder des gens beaux donc je regarde une série turque. Bon, ça pourrait marcher avec une série coréenne mais vu que c’est pas mon sujet du jour… Ah, Netflix me propose une série turque qui a l’air un peu mystérieuse, dans des beaux décors de maisons riches du début du siècle. XXe, le siècle. Regardons donc Yaratilan. Ah, qu’est-il écrit en préambule ? Inspiré de Frankenstein de Mary Shelley. Oh diantre !

Yaratilan

Frankenstein, j’imagine que vous connaissez donc je vais pas plus entrer dans les détails. J’ai de toute façon écrit un article sur Dystopie sur le sujet. Ici, on retrouve pas mal d’éléments communs : un jeune médecin prodigieux mais prétentieux, nommé Ziya, a décidé de déjouer la mort. Il quitte son bled natal pour la grande ville où il va pouvoir étudier son sujet. Il est également fort amoureux d’Asiye, sa soeur… adoptive. Ils doivent même se marier ensemble une fois que Ziya sera docteur. Jusque là, on a notre base commune.

Yaratilan, Ziya et Asiye

Là où ça diffère, c’est avec le personnage du mentor. Dans Yaratilan, la créature n’est pas un amalgame bizarre de cadavres mais le cadavre de son mentor, tué par la foudre. Rapidement, pour comprendre comment on en arrive là : Ziya et son mentor, Ihsan, unissent leurs forces et leurs compétences pour créer une machine qui redonne la vie. C’est précisément en utilisant cette machine qu’Ihsan est foudroyé. Quand Ziya découvre son mentor, ravagé de chagrin, il décide de le ressusciter. Mais la version ressuscitée d’Ihsan est monstrueuse et semble inhabitée. Traumatisé par sa créature,  Ziya l’abandonne et fuit dans sa campagne natale pour épouser Asiye.

Yaratilan, Ziya et Asiye

La série va donc nous raconter d’abord la vie de Ziya jusqu’à sa rencontre avec Ihsan, leur volonté de collaboration puis leur vie chacun de leur côté jusqu’à leurs retrouvailles. En donnant une identité initiale à la créature, au Yaratilan, la série va s’offrir toute une exploration de thématiques absentes du roman mais va aussi se piéger. Ainsi, la vie d’Ihsan en temps que créature va le montrer d’abord isolé puis il va rejoindre une troupe de cirque après les avoir aidés. Puis il trouvera refuge chez une veuve aveugle et sa nièce enceinte suite à un viol. Vous l’aurez compris, Ihsan va nous faire découvrir une galerie de marginaux au grand coeur.

Ihsan dans Yaratilan

Alors que pendant ce temps, Ziya prépare son mariage. Ayant lu le roman, je savais ce qu’il devait advenir lors de la nuit de noce mais… C’est là qu’est le piège. Durant son périple, Ihsan récupère des facultés humaines et ne semble représenter de danger pour personne. Et ce malgré sa force herculéenne. Malgré son apparence (relativement) monstrueuse, c’est un gentil, un doux. Si la série arrive à lui trouver une motivation pour retourner voir Ziya, on est à la limite de la suspension consentie de l’incrédulité.

Ziya dans Yaratilan

On quitte donc l’univers horrifique du roman pour une ambiance plus mystique. Ziya se croit investi d’un pouvoir divin tandis qu’Ihsan devient une créature quasi mystique douée d’une grande force. La série nous tartine tout ça d’une histoire de chasse au trésor histoire de nous servir un passage « la cupidité des hommes ». Quant Mary Shelley se servait de son roman pour nous mettre en garde contre l’arrogance des hommes de science qui se prennent pour Dieu, Yaratilan insiste lourdement sur le côté « le monstre n’est pas celui que l’on croit.

Yaratilan, Ziya et Ihsan

Alors, faut-il regarder Yaratilan. Oui. D’abord, c’est beau. Je veux dire, les décors et les acteurices. Si certains faits sont un peu tirés pour arriver à relayer les points, la série se regarde vraiment toute seule et se révèle, en creux, être une vraie critique de l’intolérance et des carcans de la société. Donc puisque vous aurez sans doute un peu de temps les prochains jours, n’hésitez pas. Et puis comme ça, vous aurez vu l’actrice Sifanur Gül, la Audrey Tautou turque, qui joue également dans la prochaine série turque dont j’ai prévu de vous parler.

Nina

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