RACONTE MOI DES HISTOIRES

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

Savoir démarrer un récit

Je glisse un oeil vers le numéro de page. 400. Ok. Ca fait 400 pages que j’ai commencé ce roman, j’en suis à la moitié et il ne s’est toujours rien passé. Oh tiens, voici un super sujet d’article ! Aujourd’hui, on ne va pas parler de la première phrase, je l’ai déjà fait. Non, on va parler de savoir démarrer son récit. Soit quand tu as planté un peu le décor, balancé le prénom d’un ou deux personnages et que tu commences à lancer l’action. Dans aucun univers, attendre la 400e page pour le faire est admissible, je vous préviens.

Savoir démarrer un récit

Ce roman qui ne commence jamais

Je lis actuellement trois romans. Enfin, j’en lis deux et j’en écoute un. En papier, je suis donc sur Black Out de Connie Willis. Le fameux de 800 pages. Alors je crois que c’est un peu la faute du quatrième de couverture qui raconte de la merde ou à peu près. L’histoire en très bref : des historiens de 2060 voyagent dans le temps pour vivre les grands événements historiques mais des perturbations vont avoir lieu. A la 400e page, on en est encore a “perturbations ou non perturbations, difficile à dire”. J’ai même eu des personnages apparus soudainement à la 250e page. Bon, j’ai lu un autre résumé sur la FNAC qui ne parle pas tant de l’histoire qui change que de “les bombes du Blitz deviennent réelles pour les historiens, ahah”. Ca change rien : au bout de 400 pages, tu attends toujours qu’il se passe un truc.

S'endormir en lisant un roman

Un roman où il ne se passe rien vs un qui commence tambour battant

J’ai la même avec mon roman liseuse, les Mandibles. Sorte de dystopie économique où, pendant les 250 pages que j’ai lu, on assiste à la lente agonie d’une famille friquée américaine qui perd peu à peu ses privilèges lors d’une effroyable crise économique. Enfin, à la page 250, il se passe un peu des trucs parce que jusque là, c’était vraiment “bla bla la crise, bla bla deux personnages échangent leur opinion sur l’économie, bla bla la vie d’avant…” Alors qu’en réalité, le résumé, c’est : “l’auteur semble avoir quelques soucis avec la bourgeoisie américaine et s’imagine avec délice comme elle serait humiliée par une grave crise économique”. Aimez vos personnages, s’il vous plaît ! Le seul livre à tirer son épingle du jeu, c’est Les Yeux de Slimane-Baptiste Berhoun. Alors si vous suivez un peu la galaxie French Nerd (Le visiteur du futur, La théorie des balls, Mystères à St Jacut), vous connaissez Slimane-Baptiste. Et bien laissez-moi vous dire qu’il déchire grave en tant qu’auteur… et lecteur puisque c’est lui qui interprète son propre livre. Ca commence direct dès la première page : un asile de fou, un meurtre, une ambiance. Voilà, merci Slimane Baptiste, va expliquer à tes deux autres camarades comment on démarre un récit.

Slimane-Baptiste Berhoun

Un roman sans rebondissement ?

Alors il existe une question sous-jacente : peut-on écrire un livre où il ne se passe rien ou si peu ? Mes romans ont tendance à aller vite. Dans le roman de Maja, l’action commence dès le deuxième chapitre. J’ai pas le temps. Le premier, on pose deux ou trois personnages, le deuxième, on entre dans le vif du sujet. Dans Technopolis nouvelle version, pareil. Un peu de décor et paf, un enlèvement. Finalement, y a bien que dans Augura et Et la Terre s’ouvrit en deux que je pose un peu plus longuement le décor et encore. Parce que j’ai une histoire à raconter avec plein de péripéties. Je suis généreuse en rebondissements, je crois. Pour le meilleur ou le pire, je ne sais pas. 

Jump-Jumper
Je ne comprends pas que le Jump-Jumper ne soit pas devenu un outil fitness…

Qui veut lire une histoire où il ne se passe rien ?

Ces romans qui racontent des histoires de petits riens, sans rebondissements particuliers m’ont toujours interpellée. Quand j’écris, j’ai souvent un doute majeur : mais qui lirait ça ? Question stupide pour quelqu’un qui ne fait absolument aucun effort pour être lue par une autre personne, certes. Mais peut-on réellement proposer une histoire qui ne raconte finalement pas tant que ça ? Une histoire crédible qui ressemble à la vie, à savoir mou du genou les trois-quarts du temps ? Alors ça peut marcher pour les Mandible mais ça n’explique pas pourquoi dans Black-Out, j’ai encore des personnages qui poppent au bout de 200 pages et qu’au bout de 450 pages (j’ai avancé depuis le début de l’article), je comprends toujours pas ce que l’autrice veut me raconter. Et je suis pas sûre de comprendre pourquoi je suis toujours en train de lire ce roman. A part pour enfin savoir à quoi tout ça rimait.

Une guirlande comme marque-page

Dur dur de commencer

Bref, commencer un roman, c’est toujours un peu compliqué. Mais attendre plusieurs centaines de page pour lancer enfin l’intrigue, c’est mort. Car, je vous le dis, y a rien de pire qu’un roman qu’un lecteur abandonne en cours de lecture. Surtout sur un sujet aussi chouette que le voyage dans le temps. Même si, jusque là, j’ai plutôt eu une mauvaise pêche sur le sujet.

Nina

2 réflexions sur « Savoir démarrer un récit »

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