RACONTE MOI DES HISTOIRES

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

L’art délicat de la saga

En tant que bibliovore, je me jette parfois un peu n’importe comment dans un roman. J’ai des petits fétiches, comprenez. Et quand je vois sur le quatrième de couverture que le livre va me parler de voyage temporel, je craque. Régulièrement, je me lance dans un ouvrage et je découvre un peu sur la fin qu’en fait, c’est pas juste un roman mais le début d’une saga. Et le premier volume de Black-Out m’a tellement turlupinée que je me suis dit qu’on allait chercher quels étaient les ingrédients d’un bon premier tome de saga.

Les sagas littéraires

Les sagas, je connais ça

Des sagas, j’en ai lu un bon paquet. Les Anne McAffrey, L’assassin royal, les Harry Potter, L’épée de vérité, les Metro 2033, les Silos, Game of Thrones… et plus récemment Autre Monde de Maxime Chattam, La Passe-Miroir de Christelle Dubos et donc Black-Out de Connie Willis. J’ai déjà parlé de ce roman dans mon article sur l’art de savoir débuter un récit. Qu’au bout de 300 pages, l’élément modificateur n’était toujours pas intervenu et que ça faisait un peu long. Sauf que tout le premier tome est ainsi. 

Blitz, la saga de Connie Willis

Pendant 600 pages, il se passe si peu

Alors bref résumé qui spoile donc si vous avez envie de le lire, sautez directement au paragraphe suivant. Donc pendant quasi 600 pages, on suit des historiens du futur se baladant dans le passé pour leurs recherches. Durant tout le roman, tout se base sur un “Mais l’histoire se passe pas tout à fait comme prévu… Ah si… Quoique… Ah si, pardon, je m’a trompé. Ou pas ?” C’est écrit sur le 4e de couverture qu’il y a un souci, va pas me ménager un suspense sur le sujet sur 600 pages. Ouin pendant tout le roman, nos historiens se racontent qu’il n’y a rien d’anormal dans le fait qu’ils soient bloqués dans le passé. Et à la fin, ils captent que si, quand même, c’est chelou tout ça. Non mais vous avez pas recruté des flèches, les gars… Mais bref, en résumé : pendant 600 pages, il ne s’est quasi rien passé. Tout ça comme intro au tome suivant. Mais vous avez fumé ?

Shining - machine à écrire

Un volume 1 ne doit pas servir de simple introduction

Parce qu’un premier volume de saga ne doit pas seulement servir d’introduction. Surtout une introduction de 600 pages ! Dans toutes les sagas nommées plus haut, le volume 1 contient une aventure à part entière. En général, l’aventure initiale nous permet d’être introduits à un nouvel univers. Dans l’Epée de vérité, la quête initiale permet au héros Richard, et donc à nous, de découvrir peu à peu le monde de la magie en y étant confronté. La même pour Harry Potter qui découvre les règles en même temps que nous. Même la Passe-Miroir qui est le moins vénère de tous les tomes 1 nous raconte quelque chose. Certains clôturent même totalement leur histoire et pourraient s’arrêter là comme Metro 2033, le 2034 racontant une tout autre histoire mais dans le même univers. 

Metro 2033

Je me fiche de ce que les personnages deviendront

Parce que vaudrait un peu me donner envie de suivre les personnages au-delà des quelques centaines de pages que j’ai déjà avalées. Dans les dernières sagas que j’ai lu, c’est un oui pour la Passe-Miroir, ou Autre-monde… mais un stop pour Black-Out. Parce que si un roman n’a pas été capable de poser ses personnages et son enjeu en 600 pages, c’est pas la peine d’allonger la sauce à l’infini. Parce que oui, je ne sais quasi rien des personnages. Ni de l’organisation à laquelle ils appartiennent. Je me suis tellement pas sentie impliquée que j’ai déjà oublié le prénom des personnages. Sauf Merope car je me suis demandée à chaque fois comment ça se prononçait. Méropeuh ou Méropéééé voire Méropiiie ? Bref, l’apéro a duré trop longtemps, j’ai mangé trop de tucs, je n’ai plus envie de passer à la suite du repas. Métaphore nulle mais qui donne l’idée. Oui, je renonce à connaître le fin mot de l’histoire. C’est violent comme décision mais vraiment, il y a tant de livres qui m’attendent, je ne perdrai pas plus de temps.

Nina

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