Raconte moi des histoires

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

Qui a tué Sara : la telenovela new generation ?

Le catalogue Netflix a des mystères que je m’explique peu. Après les 50 mises en avant de type “hé, regarde ma nouvelle série que tout le monde regarde parce que je la mets en avant”, il va nous bricoler des univers en fonction de ce qu’on a regardé. Par exemple, j’ai regardé deux épisodes de Sombre Désirs, une série mexicaine à l’érotisme chiant, il se dit “ah mais tiens, tu aimes les séries mexicaines ? J’ai du bon pour toi”. J’ai néanmoins lancé “Qui a tué Sara” parce que y avait des popular teens dedans et j’ai découvert un nouvel univers : celui des télénovelas (un peu) érotiques.

Qui a tué Sara ?

Un terrible accident au lac

L’histoire ! Sara est une jeune mexicaine qui part en vacances au lac que possède son petit ami Rodolpho. Elle embarque son frère Alex et le frère de Rodolfo, José Maria. Lors d’une petite virée sur le lac, Sara essaie le parachute ascensionnel mais celui-ci se déchire alors qu’elle est très haut, entraînant la chute mortelle de la jeune fille. Le père de Rodolfo, César, demande à Alex de s’accuser pour éviter que son fils soit soupçonné. Alex obtempère, pensant s’en sortir à moindre mal mais pas du tout, le voici parti pour 18 ans de prison. La série commence quand il sort, il a soif de vengeance.

Alex dans Qui a tué Sara

Une famille bien bancale

Alors vous allez me dire que ce petit résumé n’a rien d’érotique. Et vous avez raison. Le premier épisode pose l’histoire et les personnages adultes. Rodolfo est désormais marié à Sofia et est un monsieur tout bourru. Pour le côté nanar, je recommande la VF, ils lui ont mis une voix façon Stallone constipé, c’est hilarant. José Maria vit enfin son homosexualité au grand jour et on découvre que dans la famille Lazcano, y a aussi une petite soeur, Elisa, qui était “trop petite pour se souvenir du drame”. Ah ok. Elisa qui arrive en avion et sa voisine qui mate ce que fait Elisa sur son téléphone lui sort “il est beau votre petit ami” “Ah non, c’est mon père”. Hashtag la gêne. Mais on pose le truc : César, il est charismatique et tout. Bref, c’est l’anniversaire de la mère des enfants, ça se passe pas très bien parce que José Maria est venu avec son mec, que Rodolfo fait la gueule et Elisa sort toutes les deux minutes “vous comprenez maintenant pourquoi je suis partie en Espagne ?”. Bref, un premier épisode qui fleure le film français avec un dîner où tout le monde se balance ses petites vérités.

Qui a tué Sara, le clan Lazcano

Attaque de casino et baise

Alex étant sorti de prison, il s’attaque direct au casino des Lazcano où se tient le fameux repas d’anniversaire. Ah ouais, le mec, à peine sorti de prison, il veut y retourner. Elisa étant très intriguée, elle va farfouiller autour de la maison d’Alex. Ca tombe bien, il se fait tirer dessus donc elle fait genre “oui, bonjour, j’ai tout vu, je suis témoin”. Lui a l’air un peu suspicieux. Il est encore plus suspicieux quand il la retrouve encore chez lui le lendemain. Elle essaie de raconter un mensonge mais c’est pas très important vu qu’il lui saute dessus et qu’ils baisent. Je quoi ? Voilà, le ton est donné. Surtout qu’après, la bite encore humide, il lui sort “non mais je sais qui tu es, hein. Maintenant, hors de chez moi”. Ok…

Les telenovelas, c'est sexy

Télénovelas supplément gingembre

Et là, chaque épisode va nous offrir quelques scènes de cul pas toujours très utiles mais très généreuses en seins et culs masculins. Ca, c’est fort aimable. Il y a également quelques scènes de sexe gay, aussi. Dans Sombres désirs, j’avais déjà un peu été étonnée par ces scènes de cul qui poppaient un peu au hasard mais je crois qu’en fait, c’est le nouveau style des télénovelas. On s’éparpille moins sur les histoires annexes du Pépé Roberto qui a perdu ses clés avec Mama Carmen qui pousse de grands cris de désespoir parce que ces clés sont définitivement introuvables. On repart des basiques : la fracture sociale et on rajoute des épices. Du cul, du cul, du cul. Et du cul sale puisque spoiler ! On va découvrir que la petite Sara, 16 ans, s’est fait détrousser par César sur le bord du lac. César qui fourre régulièrement Sofia, sa belle-fille. Oui, apparemment, les patriarches ont le droit de cuissage sur les meufs de son fils. Tu m’étonnes qu’il soit vénère que son autre fils soit gay, ça lui ampute son terrain de chasse de moitié.

Chema le voyeur

Le personnage qui couche avec tout le monde, parce que.

Niveau cul, on a aussi Marifer, personnage écrit un peu étrangement. Au début, elle n’existe pas. En fait, la série narre l’histoire façon tâche d’huile. Technique que je trouve assez intéressante. On a l’histoire de base mais petit à petit, on découvre l’événement qui a lieu juste avant un dialogue qu’on a déjà vu. Exemple : on voit le départ du petit gang au lac. Rodolfo, José Maria et Nicandro viennent chercher Sara et Alex. Les deux sortent de la maison, la maman leur dit de faire très attention. Scène émouvante de ce dernier échange entre une mère et sa fille. Mais on découvrira plus tard dans la série que juste avant de sortir de la maison, Sara s’était disputée au téléphone avec Marifer, sa meilleure amie. Et on découvrira à la saison 03 pourquoi Marifer appelle sa pote en larmes. Marifer, parlons-en, donc. Elle déboule vers la fin de la saison 01 chez Alex, ce qui agace Elisa. Ah oui, ils ne font pas que coucher ensemble, ils sont en couple. Je crois… Et là, Alex fait “ben, c’est Marifer, la meilleure amie de Sarah”. Ah ben oui… Quoi ? Ah oui, la meuf avec qui tu as couché jeune avec José Maria qui en avait profité pour essayer de te toucher la teub. Ah ben oui, Marifer. Marifer qui se tapera quasi tout le cast masculin, Alex adulte compris dès qu’Elisa sera repartie en Europe, limite le soir même. Faut dire que Marifer avait des arguments “oh, allez, ça nous rappellera des souvenirs”. Le personnage qui poppe marche aussi pour Nicandro, pote de Rodolfo et José Maria. Lui est dans le bateau lors de l’accident, on le voit dans plein de flash back mais il ne gagnera une consistance que vers la fin de la saison 01.

Marifer dans Qui a tué Sara

Sous le cul, les rapports de classe

Mais en dehors du cul, on retrouve surtout la question des rapports de classe. Dans les quelques télénovelas, il y a toujours l’histoire d’une pauvresse qui va s’élever socialement. Souvent grâce à sa beauté, version moderne de Cendrillon. Moderne mais un peu discutable néanmoins. Surtout qu’elles ne l’emportent pas toujours au Paradis, cf Teresa. Ici, Sara et Alex sont effectivement du côté pauvre de la société. D’ailleurs, la relation entre Sara et Rodolfo ne plaît pas trop parce que c’est justement un choc des classes. Les riches sont souvent traités comme des gens impitoyables, ne se préoccupant pas des dégâts qu’ils peuvent causer chez les inférieurs. Souvent leur personnel puisque la mère de Sara était femme de ménage chez les Lazcano. César va manipuler Alex pour protéger son fils et ne verra jamais le problème de ses actes. Sans même parler de son droit de cuissage. Droit de cuissage que j’ai d’ailleurs vu dans d’autres télénovelas comme Amour Océan. Passons sur le fait que le couple principal a 20 ans d’écart pour se concentrer sur le grand méchant, le riche Leon se balade près du village de pêcheur de sa propriété… et attrape une jeune fille qui passait par là pour la violer. On a une histoire similaire dans La vengeance de Veronica où la soeur jumelle de Veronica est violée lors d’une party dans le manoir des riches. Je n’ai jamais su qui était le coupable car c’était chiant et j’ai pas tenu. 

Rich Kids of Mexico

Et puis la saison de trop

Qui a tué Sara propose donc un virage intéressant des télénovelas, plus sombre et pas mal érotique. Cependant… l’écriture laisse à désirer, surtout la saison 03. Les saisons 01 et 02 pourraient tout à fait fonctionner seules puisqu’à la fin de la saison 02, on découvre qui a trafiqué les sangles pour tuer Sara. Mais plot twist, saison 03 ! En fait, c’est pas si simple, y a une couche de mystère encore avec un hôpital, un traitement expérimental, Sara n’était pas celle que l’on croyait… Enfin, déjà, dans la saison 01 et 02, on découvrait qu’elle n’était pas si pure et innocente, chevauchant avec ardeur Don Cesar mais là, c’est encore plus plus. Mais le véritable plot twist, c’est que le nouveau méchant en ville est incarné par Jean Reno. Quoi ? Jean Reno ? Alors il fut un temps où tout Français dans une fiction américaine était joué par Jean Reno mais il est passé au Mexique, maintenant ? Et la saison 03 est l’exemple parfait de la saison de trop, n’hésitant pas à rajouter des complots et manipulations là où on n’en avait pas besoin. Je veux dire l’intrigue de base est déjà hyper compliquée. Là, c’est juste enserrer le sac de noeud dans un sac de noeud encore plus gros. Je ? Les deux premières saisons nous offrent quelques couleuvres déjà assez pénibles à avaler alors là… Une fois de plus, une série qui n’a pas su s’arrêter quand il le fallait.

Jean Reno dans une telenovela

Un équilibre encore difficile à trouver

Bref, ces télénovelas new gen ont l’air un peu plus appétissantes que leur aînée en carton-pâte qui fait les beaux-jours d’IDF1. J’ai vu qu’une nouvelle série du genre était sortie sur Netflix mais la hype est relativement faible. J’aime bien les histoires lutte de classes, l’érotisme , les retournements de situation et les doublages foireux (Rodolfo en VF à jamais dans mon coeur). Mais vu comme Sombre désir m’a profondément ennuyée, j’ai l’impression que pour les télénovelas next gen, le bon équilibre est encore difficile à trouver. Et ça peut vite devenir très insipide. 

Nina

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