Raconte moi des histoires

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

The drama : quand les erreurs cinématographiques créent le malaise

Et c’est volontaire. Je précise parce que je ne suis pas là pour lister les erreurs techniques d’un film en mode “gnu gnu gnu, c’est quoi ce faux raccord ?”. Il y a quinze jours, je suis allée voir The drama, film autour duquel je tournais un peu parce qu’un couple composé de Robert Pattinson et Zendaya, je demandais à voir. Et puis les critiques d’Intercut et Ecran large, couplé au fait que c’était dispo dans mon ciné de quartier. Et j’ai découvert une idée de mise en scène pas mal.

The drama, ça raconte quoi ? Emma et Charlie se rencontrent dans un café. Deux ans plus tard, les voilà à quelques jours de leur mariage. Lors d’un dîner avec leurs témoins respectifs, chacun doit confesser sa pire “crasse”, le pire acte qu’ils ont pu faire. Et la réponse d’Emma va semer le trouble. A partir de là, tout va dégénérer jusqu’au jour du dit mariage.

The drama, l'heure de la révélation

Alors j’ai trouvé le film plutôt drôle parce que tout est too much. Les personnages sont caricaturaux, corsetés dans leurs valeurs pas toujours bien compréhensibles. Je ne vois dirai pas quel fut la crasse d’Emma mais alors qu’elle essaie de prouver qu’elle a changé, qu’elle a tiré des leçons des erreurs du passé, elle ne semble pas pouvoir se racheter. Charlie frise le pathétique et plusieurs fois, je me suis dit qu’il ne méritait pas Emma. Quant à Rachel, je l’ai passionnément détestée, elle et son énorme hypocrisie. Et oui, ma belle, ta crasse était bien pire que celle d’Emma. J’ai dit ce que j’ai dit.

Rachel et Mike

Là, vous devez un peu froncer les sourcils. Attends des personnages caricaturaux, voire pathétiques ? Mais il doit être tout pourri le film. C’est un nanar qu’on regarde pour se moquer. Et non parce que tout ça est parfaitement intentionnel. Chaque personnage souffre du syndrome du personnage principal, s’imaginant plus important qu’il n’est. Sauf, éventuellement, la Emma adulte. Quoique son côté “non conventionnel” concernant le cérémoniel du mariage laisse aussi entrevoir quelqu’un qui aime entretenir sa posture. C’est parce qu’ils ont l’air de vivre chacun le drama comme s’ils ne concernaient que leur arc narratif qu’ils en deviennent tous grotesquement drôle. 

Zendaya et Robert Pattinson

Et puis, il y a un niveau plus subtil avec les erreurs cinématographique. Rappelons que je ne suis pas une grande cinéphile et que la dimension technique me passe globalement au-dessus de la tête. Mais là, le film crée des instants étranges. Par exemple, lors de la fameuse scène du dîner où Emma fait sa révélation, il y a des faux raccords tout du long. En gros, on filme d’un côté Emma et Charlie, de l’autre Rachel et Mike. Champ, contre-champ. Sur les plans sur Rachel et Mike, on aperçoit Charlie et Emma qui se tiennent la main. Mais quand on focus sur eux, ils ne se touchent pas. Hein ? Et ce pendant toute la scène. Un faux raccord, ça existe. Y a même des gens qui en font des émissions web. Mais des faux raccords sur toute une scène de plusieurs minutes, je doute. Surtout sur la scène qui lance l’intrigue.

The drama

Ajouté à ça certains plans bizarres. Déjà, le film commence sur un gros plan de l’oreille d’Emma, celle-ci étant sourde d’une oreille. C’est un élément important dans certaines scènes mais pas tant. Parfois, les personnages se parlent mais dans le contre-champ, un des protagonistes va soudain nous regarder, nous. Je n’ai pas noté toutes les erreurs cinématographiques mais il y avait comme des sensations un peu étranges. De la confusion, comme une gêne. Et pas juste à cause du ridicule des personnages. 

La scène du pantalon dans The drama

Et c’est là que je me dis que Kristoffer Borgli utilise l’image pour nourrir son ambiance. Ce qui est culotté. Je veux dire imaginez une chanson où l’artiste fait exprès de créer des sons dissonants pour provoquer un sentiment un peu désagréable ou un roman avec des fautes stylistiques relativement subtiles. Oui parce que bon, c’est pas si évident non plus. Mon mec n’a pas vu mon histoire de faux raccord. Mais il a quand même bien aimé le film. Mais dans une ère où chacun peut donner son avis, notamment les Jean-Michel Condescendance, je trouve la démarche de faire des erreurs exprès pour nourrir son univers plus qu’intéressante. Franchement audacieuse.

La scène chez le photographe dans The Drama

Et c’est la force de The Drama. Parce que si je résume, c’est l’histoire d’un jeune couple qui va se marier. La future mariée confie un élément de son passé qu’elle n’a pas l’air de considérer comme honteux et ça crée une crise. Je ne trouve pas le secret particulièrement sulfureux, d’autant qu’elle a évolué et pris du recul mais tout le monde réagit comme si elle avait commis le pire. Au point que son mec hésite à l’épouser. C’est ridicule. Sur le papier, c’est vraiment ridicule. Vraiment, je me suis demandée si c’était ma boussole morale qui était cassée tant je ne comprenais pas les réactions des personnages. Puis le film nous montre le mariage et franchement, c’est le pire mariage du monde. T’as pas envie d’y assister. Parce que tout le monde est tendu, parce que tu te dis qu’un truc va péter et t’as pas envie de voir ça. Même si ce mariage bourgeois et guindé, Emma n’a pas tant l’air d’en vouloir non plus. Encore une histoire de posture.

Emma et Charlie à leur repas de mariage

The drama, c’est pas l’histoire d’un couple qui doute au pire moment, c’est l’histoire d’un malaise avec trop de personnages qui sur réagissent. Qui font un drama pour rien. Précisément ce qui rend cette comédie délicieuse. Vraiment, mon mec et moi, on a bien ri sur certains passages. Je suis vraiment contente d’avoir bougé mon cucul pour aller voir ce film. Par contre, au vu des quelques films avec Pattinson que j’ai vus (The Batman, Mickey 17 et le Harry Potter mais est-ce que ça compte vraiment ?), j’ai vraiment du mal à le voir comme un sex symbol. Par contre, j’aime vraiment bien son travail et il va être temps que je me penche un peu plus sur son travail. 

Nina

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Revenir en haut de page