RACONTE MOI DES HISTOIRES

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

Les telenovelas… en vrai, c’est lourd

Je voyais en ce confinement l’occasion de me “cultiver”. Tant d’heures à la maison à faire semblant de travailler ! Je vais pouvoir me mettre à jour niveau télénovela. Parce qu’à part Teresa, j’en connaissais aucune. Je me suis donc jetée sur quelques séries proposées sur TF1 replay et… mais en fait, c’est nul, les telenovelas.

Telenovelas

Un produit fini mais très allongé

En fait, ce n’est pas tant les telenovelas que leur écriture qui me blase. A la base, je trouvais le produit un peu plus intéressant qu’un soap puisqu’on a des histoires finies. Bon, ça peut être long, quelques 300 épisodes pour certaines. Mais si tu compares aux Feux de l’Amour et ses 11 895 épisodes (donnée Wikipedia au 06 avril), c’est rien. L’autre jour, je calculais que si je voulais tout voir, il me faudrait un peu plus de trois ans et demi à raison de 6h de visionnage par jour. Et quand j’aurais fait ça, j’aurais encore trois ans et demi d’épisodes à rattraper. Donc les telenovelas me paraissaient des condensés de soap operas avec une fin et surtout un ingrédient spécial : la lutte des classes.

La pauvreté dans les telenovelas

Lutte des places et Cendrillon

Moi, j’aime bien ça la lutte des classes. Dans les quelques telenovelas vues ou aperçues, on a toujours une histoire de Cendrillon, la fille pauvre qui séduit l’homme riche qui va l’élever au sommet. Parfois, la fille pauvre est calculatrice et arriviste (Teresa), parfois un pur diamant d’innocence (Estrella dans Amour Ocean). A noter que, souvent, l’homme en question est nettement plus âgé. Alors que la jeune fille pauvre vient de passer la majorité, l’homme riche, lui, s’épanouit dans sa trentaine. Il n’est pas rare d’ailleurs que la jeune fille pauvre ait un prétendant, voire un petit ami de son âge, qu’elle trouve immature. Dernier point, enfin : les hommes riches sont souvent des ordures et nous arrivons sur le point viol. Si je n’ai pas souvenir de ça dans Teresa, on retrouve cet élément dans La vengeance de Veronica et Amour Ocean. Et à chaque fois, le viol est fécond, créant de pauvres filles-mères rejetées de tous. Cependant, parfois, tout est pardonné. Ainsi, le père biologique d’Estrella, qui a violé sa mère, finit par capter qu’elle est sa fille et la prend sous son aile. Ils s’aiment trop d’un amour filial… Yerk !

Estrella et Victor Emmanuel dans Amour Ocean
C’est pas son père mais son mec (les 2 acteurs ont 20 ans de différence et cette façon est malaisante, je trouve)

Histoires de riches

Dans les soaps et les telenovelas, malgré des aventures pour le moins rocambolesques, on retrouve quand même des ingrédients sociaux. C’est sans doute pas pour rien que les pays qui produisent ce genre de séries connaissent de grandes inégalités sociales. Aux Etats-Unis, pays des soaps par excellence, il y a une fascination pour ces grandes familles dynastiques vivant dans des manoirs néo-classiques. Vraiment, un jour, faudra que je comprenne cette passion pour le néo-classique. Sans doute car c’est l’incarnation d’un certain rêve américain. Mais que ça console de voir ces gens en proie aux tourments amoureux. A noter une permanence sur ces deux univers : les vieux messieurs riches séduisent toujours de jeunes donzelles. J’ai pas l’impression que dans les séries françaises type Plus belle la vie, il y ait autant cette confrontation de classe. Je ne crois pas qu’il y ait de personnages particulièrement riches dans des manoirs. A la limite, ils sont plus dans des maisons à piscine à débordement, comme dans Sous le Soleil…

Piscine à débordement

Des pauvresses qui prennent l’ascenseur social…

Bref, je voyais dans les telenovelas un objet digne d’intérêt dans sa narration de lutte des classes et de réussite. Surtout que ce sont souvent de jeunes femmes intelligentes qui gravissent les échelons à une vitesse remarquable (yay)… Essentiellement parce qu’elles sont belles (ah…). Je me suis donc dit qu’avec le confinement, je pouvais un peu étudier tout ça. Sauf que c’est chiant. J’ai testé La vengeance de Veronica et Missing bride… oui, en France, on aime donner un titre anglais à une série mexicaine qui avait un titre en espagnol. J’ai lâché les deux très vite pour une raison simple : trop de personnages et d’intrigues annexes sans intérêt.

Telenovela Missing Bride

Trop de personnages et d’intrigues secondaires

J’avais lu un jour qu’un soap était construit autour de trois intrigues qui s’entremêlent. Vous allez avoir l’amourette naissance de Chris et Michelle, les problèmes d’alcool de Sean et le bras de fer entre Stanley et Mickaël. La tension amoureuse entre Chris et Michelle se résout, on saute sur Ashley (sans jeux de mots) ! Elle craque sur son nouveau secrétaire alors qu’elle est mariée à Nathan qui n’est pas le mari parfait. Il me semble que Plus belle la vie est construit sur le même modèle. Alors que les telenovelas, t’as une histoire principale qui te fournit un rebondissement (ou plutôt nouvel élément) par épisode… mais le reste du temps, on te noie d’intrigues secondaires avec des personnages que tu as du mal à situer dans le paysage interpersonnel. Sans parler du côté tragi-comédie. Non parce qu’ils mettent toujours des personnages gag. Alors ça permet d’alléger le tout mais ça dédramatise parfois de trop. Dans la vengeance de Veronica, un avion disparaît en mer et la soeur de Veronica, Victoria, était dedans. Histoire dramatique mais ils nous sortent régulièrement un bouffon qui explique que “non, l’avion s’est pas écrasé, moi, je sais !” “Oh, Fernando, tais-toi, tu ne sais rien”. Sachant que le déni est incarnée par la fille d’un des passagers, pourquoi nous rajouter celui-là.

Crash d'avion de telenovela

Trop, c’est trop

Bref, à force d’allonger la sauce à l’infini, ça devient long et insipide. Sans parler de la doubleuse de toutes les vieilles dames qui en fait des caisses et qui crée un décalage vite fait comique mais involontaire. Alors peut-être qu’avec des séries de plus en plus courtes (10 épisodes par saison) et efficaces, j’ai perdu l’habitude de voir des histoires noyées dans le vide. Je dis pas. Mais finalement, les telenovelas, j’aime pas. Mais si vous voulez connaître l’univers Telenovela sans perdre des jours de votre vie, matez Telenovela are hell. C’est rigolo. 

Nina

2 réflexions sur « Les telenovelas… en vrai, c’est lourd »

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