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Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

Redécouvrir une œuvre : Starmania 2022

Je ne suis pas une fan. Sauf d’une œuvre. Suis-je fan de l’œuvre ou des effets qu’elle a eu sur ma vie, je ne suis pas sûre. Mais je suis une Starmaniaque. Je connais le livret par cœur, je connais toutes les versions. Enfin, non, je n’ai jamais entendu la version opéra dont les photos m’ont toujours faite baver. Et je connais très mal les versions québécoises de 81 et 86. Mais bon, je suis pas là pour dire que je connais mieux. Juste dire que je croyais connaître Starmania. Car Starmania 2022 reexplore l’œuvre et… j’ai pris une claque. Et j’y retournerai. 

Starmania 2022

Changer des détails pour réécrire l’histoire

Alors je vais pas vous re-raconter l’histoire. Je l’ai déjà écrite et le fond ne change pas. Pas plus que la forme musicale qui se rapproche énormément du livret original avec le retour du Gourou et de la chanson Paranoïa que j’ai toujours adorée. Je regrette un peu que deux chansons issues du livret original et qui avaient disparu depuis ne soient pas de retour. Même si une est suggérée… Mais le spectacle dure quand même trois heures, on est généreusement servis. Évidemment, nous avons droit à de nouveaux talents mais surtout… l’ordre des chansons a changé. Pas fondamentalement, c’est du réaménagement plus que de la transformation mais c’est du beau travail. Certains éléments prennent une autre dimension. Il y a un peu de réécriture aussi. Ah oui, dans le Starmania de 1979, faut vivre avant l’an 2000 car on n’aura plus 20 ans. Maintenant, “il est loin l’an 2000”. Ahah, paie ton coup de vieux. Bah oui, Starmania, c’est littéralement l’aune de ma vie, je suis née en 80. Mais surtout, ces petits arrangements se jouent dans… des décors de fou.

Starmania 2022, décors incroyables

Une version brutaliste

Pendant le tableau d’ouverture, des silhouettes marchent dans un décor assez brut qui rappelle environ n’importe quel métro. Et j’ai pensé “c’est le Starmania que j’attendais”. C’est une version très sombre, avec un univers graphique très brutaliste. Le fascisme de Zéro Janvier est absolument assumé avec toute l’iconographie qui va avec, notamment des porte-drapeaux très martiaux lors d’une conférence de presse ou le logo Z qui apparaît un peu partout. Ce Z, je vous jure, il m’a fait frissonner… Les versions précédentes ne me paraissaient pas aussi nettes sur le sujet. Dans la version Mogador, dans la première mise en scène, Zéro Janvier faisait bien sa conférence de presse dans un décor avec un visage gigantesque rappelant le siège du parti fasciste de Mussolini mais là, c’est encore une étape de plus.

Décors brutalistes pour Starmania

Une version plus terrifiante que jamais

Et quand je dis que ce Starmania 2022 est sombre, c’est que tous les éléments un peu légers de l’opéra rock sont vraiment gommés. Dans les précédentes versions, il y avait quelques pastilles un peu légères. Notamment autour de Zéro Janvier, sorte de fasciste un peu nullos qui pète un peu des câbles pour rien. Ici, j’ai trouvé Zéro Janvier terrifiant puisque les scènes de colère, qui existent toujours, n’ont plus rien de gag. C’est la colère froide d’un homme déterminé et, franchement, dangereux. Seul Ego trip perdure, sorte de scène de ménage au rythme enlevé qui fait un peu office de cheveux sur la soupe. Bon, je n’ai jamais vraiment apprécié cette chanson que j’ai toujours trouvé incongrue dans ce spectacle. Et même, dans cette version, Ego trip continue de marquer la dépression et l’enfermement de Stella Spotlight dans une relation qui l’étiole peu à peu. Juste avant Ego trip, Stella est prostrée à terre et Zéro apparaît sur un escalier mobile, la surplombant de toute sa taille. Et c’est incroyablement puissant, cette juxtaposition. 

Zéro Janvier gravit les marches du pouvoir
Y a beaucoup de mise en scène autour d’escaliers, j’adore

La plus belle des Stella

Car pour moi, c’est LA révélation du spectacle, le personnage de Stella. Maag nous offre une Stella époustouflante. Là encore, le personnage de Stella avait perdu beaucoup de sa force dans les différentes versions et retrouve ici toute sa dimension dramatique. J’avais même l’œil très mouillé sur Le rêve de Stella Spotlight. Ce personnage ne m’avait jamais trop intéressée, alors que j’aime ses chansons, mais là, je l’ai trouvée. 

Quelques petites nuances

Et j’ai aussi découvert que j’aimais vraiment La chanson de Ziggy qui est l’une de mes préférées et également que Besoin d’amour peut être sympa et entraînante. Petit moment gai du spectacle. Bref, je suis emballée. J’ai eu quelques bémols, hein. Je n’ai pas trouvé le couple Cristal-Johnny très charismatique (Côme/Gabrielle Lapointe sur la représentation que j’ai vue) et j’ai pas été très convaincue par Gabrielle Lapointe au global. Et j’étais très contente de connaître les paroles par coeur car je ne captais pas toujours ce que disait Sadia (Manet-Myriam Baghdassarian) et encore pire pour les choeurs qui avaient un micro bien bas. Mais bon, ce sont des détails et je pourrai vérifier fin mars s’ils ont fait des progrès sur ces micro-points vu que je vais le voir à Bordeaux à ce moment-là, ahah ! Si je décide pas d’aller le revoir à Paris d’ici là même si je suis pas sûre qu’il reste encore des places. 

Je vais réécrire Starmania… encore !

Du coup, je suis pas encore redescendue, je trépigne en espérant une sortie album très prochaine et je fouille Youtube à la recherche du moindre reportage pour en entendre un peu. Je me suis abonnée à plein de comptes d’artistes jouant dans Starmania 2022. Et j’ai eu une formidable idée. Que je ne réaliserai sans doute jamais mais… mon idée folle de BD, je vais la faire sur Starmania. Enfin, une sorte de revisite de Starmania che s’appelerio Ofelia, ma dernière tentative de réécrire Starmania, là. J’ai déjà idée des premières planches, héhé ! Mais bon, j’ai aussi Augura à réécrire, mes écrits manuscrits à retaper suite au nanowrimo, mon dernier PPT art à terminer. Sachant que je dois être à environ 15% de la réalisation totale, je pense, ahahah… ah. Heureusement, tout ça me laisse du temps pour rêver. 

Nina

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