RACONTE MOI DES HISTOIRES

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

Carnet de croquis

Je suis une artiste. Non mais la prétention de la meuf, rohlolo. Laissez-moi m’expliquer. Je regarde, j’observe, je ressens. Indépendamment de mon inclinaison pour toute forme artistique. Je vis la vie les yeux grands ouverts. L’autre jour, je parlais à mon amie Zeno du fait que je doutais de faire une bonne cycliste. Car je crains de ne pas être assez sportive ? Non. Mais je suis juste du genre à m’arrêter toutes les deux secondes pour faire une photo de papillon, de fleurs ou aller manger une mûre. C’est déjà ce que je fais quand je marche. J’aime admirer, capter des trucs. Et l’autre jour, j’ai repéré une scène qui m’a inspirée. Et si je lançais une sorte de carnet de croquis ? D’écriture, évidemment.

Carnet de croquis

Croiser une jolie scène

Le midi, je fuis. Je suis pas dans la même énergie que mes collègues actuellement et j’ai du mal à suivre leur rythme. Je préfère donc être seule. Ou en tout petit comité. Rien ne me fait plus kiffer le midi que d’aller me balader en compagnie de mes pensées et de mon imagination. Musique dans les oreilles, je laisse mes pensées gambader. Parfois, je vais me balader dans un coin joli. Ou alors je vais à la salle histoire de bien transpirer. L’autre jour, en sortant de la salle, j’aperçois un couple. Assis au bord d’une fontaine, ils partagent un baiser. Et là, j’ai eu une sensation. Leur sourire après ce baiser, lui qui va nicher son visage dans son cou à elle… Je le ressens : c’était leur premier baiser. Et ça me met en joie. C’est tellement chouette, un premier baiser. La réalisation de la tension érotico-amoureuse. Je vous jure, ça m’a mise de bonne humeur. Et il en faut quand on va bosser dans le septième cercle de l’enfer.

Ecrire sans but, graver dans le marbre

Je marche, riche de cette scène, et là, l’idée. Je vais écrire cette scène. Indépendamment de n’importe quel roman que je dois écrire ou finir. Car j’ai un défaut un peu majeur : j’ai du mal à écrire “gratos”. Mes écrits fictionnels ne sont réservés qu’à mes romans. Or ce premier baiser, là, je le vois dans aucun des romans que j’ai en cours où à venir. Pourtant, j’ai envie de l’écrire. Car l’énergie que j’ai perçue était belle. Et là, je déroule. Depuis des années, j’explique que j’ai du mal à vivre mon identité d’écrivaine, notamment sur les réseaux sociaux. Alors qu’il existe un acte de mariage où c’est écrit que c’est mon métier. Petit cadeau surprise de ma besta le jour de son mariage dont j’étais témoin. Autant je l’assume pas du tout sur les réseaux, me sentant peu légitime à prendre la parole sur le sujet, autant… je ne le fais pas non plus dans la vraie vie.

Il faut pratiquer son art régulièrement, même « gratos »

Imaginons que je sois une artiste visuelle. Enfin, je le suis un peu, le dimanche. J’ai fait de sacrés progrès en Powerpoint Art ! D’ailleurs, ça commence à salement me démanger d’ouvrir une petite boutique déco avec mes bricoles. Je vais même en tirer pour décorer mon futur bureau. Notamment celui de la piscine. Mais aussi super marque-page Green ! que je vais glisser dans les livres que je vais disséminer un peu partout. Enfin, j’en reparlerai quand je serai prête. Et puis j’ai complètement dévié de mon sujet initial. DONC. Les artistes visuels ont des carnets de croquis. Ils gribouillent en permanence, ça fait même partie de leur art. Enfin, je crois. C’est une condition sine qua none pour se maintenir à niveau. Actuellement, je n’écris plus tous les jours. Ca fait même deux mois que j’ai pas écrit une ligne de fiction, rapport au deuil de Technopolis V2. Et un burn-out à gérer. Plus que 34 jours ouvrés sans compter les RTT que je vais poser je ne sais quand, yay ! Je dois reprendre une certaine discipline et…

Ecrire dans un carnet de croquis

Ecrire des petits riens, juste pour le plaisir

Ouvrir un carnet de croquis. Mais oui ! Me poser à un café pour écrire. Sortir de mon imagination des scènes qui n’existeront dans aucun de mes romans mais à qui j’ai envie de donner vie. Comme ce premier baiser au bord d’une fontaine. Ce bonheur ressenti alors que j’étais assise sur le banc du parc juste à côté de notre futur domicile où s’ébattaient mille papillons. La joie de ces enfants qui couraient dans un jet d’arrosage de jardin public un midi de canicule. Des scènes de quotidien qui ont plus un intérêt descriptif que narratif. Du Philippe Delerm dans le texte, sans doute. Des traits de caractère que j’ai remarqués chez des gens mais qui n’ont rien à faire dans mes écrits. Comme cette fille que je voyais se mettre en position d’attirer l’attention. Alanguie sur la margelle d’une piscine, entourée de garçons polissons, attendant d’être poussée à l’eau. Ecoutant The Flower Duet dans une pièce commune. Mais il faut dépasser le descriptif. L’idée n’est pas d’écrire ce qu’elle fait mais pourquoi elle le fait. Elle et d’autres. Surtout que ce côté poseur de se mettre à un endroit ou laisser traîner un truc en espérant une réaction en chaîne, on l’a tous fait. Pas de jugement, juste de la narration.

Bronzer au bord de la piscine

Se donner de la visibilité

Et puis, ça va me permettre d’exhiber mes écrits. Vous savez ce que c’est, le plus dur, quand on est artiste ? Se donner une visibilité. Enfin, en vrai, j’en sais rien. J’ai un autre métier qui paie les factures donc j’ai toujours zéro enjeux pécuniaire dans mes créations. Mon but est autre. Même si je le définis pas toujours clairement. C’est difficile de parler de ce que l’on fait en permanence. Surtout sur quelque chose qui sort de nous. Ecrire un blog, c’est léger. Ecrire un roman ou n’importe quelle oeuvre de fiction, c’est autre chose. Et ça me fatigue souvent de jouer les écrivaines en ligne en montrant que si, si, ça fait partie de ma vie. Même je vais partager des tips. Alors que j’ai pas plus de légitimité que l’ado que j’étais qui écrivait parce qu’elle avait récupéré une chouette machine à écrire et qu’elle avait arrêté de jouer aux playmos. Je n’ai pas appris à écrire. J’ai zéro recette magique. Quand j’écris mon carnet d’écrivaine, ce n’est pas pour donner un cours. C’est plus pour rassurer. N’importe qui passant par là, partageant mes doutes et atermoiements ou… moi. J’essaie de me donner un peu de solidité. Une aura qui fera que mon prochain roman (auto) édité sera plus acheté que celui de Marlène Schiappa. Et le carnet de croquis sera une très bonne matière à travailler pour montrer de quoi je suis capable.

Une femme écrit sur le sol de son appartement

Reprendre l’écriture maintenant

Ca et la version audio de Technopolis V1 que je n’ai pas commencé. Car j’ai un gros souci dans la vie : je n’ai pas le temps de mettre mes idées en application. Sauf que là que j’ai décidé d’envoyer un signal discret à mon boulot. En mode “ok, je veux bien rester impliquée dans mon job mais vous abusez”. Ca peut être l’occasion de reprendre un peu l’écriture. Et du coup, je publierai ici et ailleurs quelques bonnes pages de mon carnet de croquis. 

Nina

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