Raconte moi des histoires

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

Inu-Oh, ôde aux arts graphiques 

Bordeaux m’a rendue cinéphile! Enfin nous a rendu cinéphile. C’est pas tant une question de prix des places (oh non) que d’envie de se faire une sortie en ville. Un ciné, un resto, une balade, on est refaits. Du coup, quand on se motive à sortir le week-end dernier, on choisit un film dont on sait peu mais « paraît qu’il est bien ». Comme Inu-Oh, film d’animation japonaise. Ça avait l’air barré, ce fut magique. 

Inu-Oh et Tomoichi

Transcender sa différence par l’art

L’histoire : dans un Japon déchiré entre deux Shogun, les troupes de No racontent contes et légendes. Dans une troupe de Kyoto naît un enfant monstrueux. En parallèle, un petit garçon, Tomona, part à la pêche au trésor avec son père pour trouver un artefact du clan Heike qui a disparu corps et biens. Mais le père meurt et l’enfant perd la vue à cause de l’artefact trouvé. L’enfant part en errance et est recueilli par les moines de la troupe Oichi qui jouent du biwa… et qui sont aussi aveugle que lui. Inu-Oh et Tomona vont donc grandir avec leur handicap. Puis se rencontrer et créer leur propre troupe de No. 

Inu-Oh

Et un soupçon d’opéra rock

Alors c’est assez compliqué à résumer en vrai. Parce qu’Inu-Oh va mélanger folklore mythologique, récit initiatique et opéra rock. On s’arrête deux secondes ici, je vous partage mon titre préféré du film. Oui, ça ressemble à du Queen. Et oui, j’ai envie de me mettre au rock japonais parce que je trouve leur timbre un peu éraillé incroyable*. Voilà, la partie opéra rock est juste folle et absolument inattendue et rien que pour ça, je recommande le film. Mais surtout, en sortant du film, j’étais emballée puissance 10 000 car il n’y avait que peu de sens du réel. Et que je dois vraiment me mettre aux arts graphiques pour cette imagination débridée. 

Inu-Oh, enfant difforme

J’aime l’ambiance des fictions dessinées

Alors quand je dis que je dois me mettre aux arts graphiques, je me place en lectrice-spectatrice. Oui, j’ai dit que je rêvais de dessiner une BD mais je suis très très loin du compte. Donc oui, je dois vraiment me constituer une culture anime- BD-Mangas que j’ai assez peu . Même si, avec l’abonnement à la bibliothèque, je pallie un peu mon inculture. J’ai déjà loué le travail d’ambiance que j’aimais particulièrement, la dynamique des corps aussi. Mais ce n’est pas juste une question de jolis dessins. 

Sakuya, une princesse cerisier

Une esthétique marquée

Inu-Oh n’est pas d’une esthétique folle, par exemple. Enfin si on compare à Miyazaki ou No name. Il a cependant un style très marqué et si les premières minutes déroutent un peu, on adhère très vite à l’esthétique très particulière. Et assez variée, d’ailleurs, la direction artistique se permet des fantaisies. Et arrive à donner corps à la cécité de Tomona de façon intelligente. Bah oui, c’est compliqué à représenter la cécité sur un média audiovisuel. 

Tomona dans Inu-Oh

Une liberté vis-à-vis du réel

Évidemment, Inu-Oh se base sur des récits mythiques qui supposent un peu de magie, de surnaturel. Mais il y a ce je ne sais quoi d’exaltant en plus. La liberté des corps, certes mais il y a dans l’écritures des formats dessinés une plus grande aisance à se départir du sens du réel. C’est sans doute pour ça que les adaptations live de mangas sont toujours un peu moisies, ça rend pas. Même en 3D réaliste, déjà, ça sonne faux. Cf les Chevaliers du Zodiaque… qui, justement va sortir en version live et vraiment, je sais paaaaaaaaaas. Je n’ai vraiment aucun mal à lire des BD, mangas ou regarder des animés ou les personnages sautent dans tous les sens, prennent des météores de Pégase dans la tête mais vraiment, c’est pas grave. Des anges, des démons, des continents qui volent. Même dans Avatar, ça marche parce que le monde des Naavi est humainement peu réaliste. A partir du moment où tu casses un peu le sens du réel, tu arrives à mieux faire avaler les choses. Je crois.

Pandora dans Avatar

Instiller cette folie dans mes écrits

Et puis, je me demande comment instiller un peu de cette liberté de création dans mes romans. Souvent, quand je lis des romans, j’ai l’impression de “voir” des scènes de cinéma. Ou plutôt de téléfilms. Dans des romans pas ouf, ok. Genre dans un roman de Guillaume Musso, un personnage est chez lui dans un orage et y a un éclair et il voit son reflet dans une glace pour l’occasion. Ne me demandez pas le contexte, je parle d’un roman lu il y a genre 12 ans. Mais le coup du reflet dans une glace pendant un orage, c’est 100% téléfilm energy. Après, c’est normal d’être inspiré plus ou moins par ce que l’on voit. Je suppose que ma propre prose est chargée de ce genre de petits clichés dont je n’ai même pas conscience mais du coup… Je sais que je suis hyper influençable. Par exemple, quand j’ai commencé à imaginer un peu le décorum de Music Orchestra School Academy, il y a le beau garçon fils à papa. Et je l’ai d’abord imaginé asiatique car je regarde trop de séries coréennes. Alors que j’avais besoin qu’il soit un American boy. C’est pas grave ce qui se passe dans ma tête. Je peux écrire que le gars ressemble à Brandon Walsh et dans ma tête, c’est Seo Kang-Joon. Qui le saura ? Mais du coup, si je peux insuffler un peu de magie et de poésie dans mes écrits, ma foi…

Seo Kang-Joon

Une culture sympa à se faire

Et puis au pire, ça me fait toujours une chouette sortie ciné, une lecture plaisante et peut-être que je tenterai de faire ma petite production parce que je serai inspirée. Bref, une belle culture à se faire ! Et pensez à aller voir Inu-Oh ! 

* Alors l’artiste s’appelle Avu-Chan, elle a notamment repris Staying Alive pour Bullet train que je n’ai pas vu. Pour le coup, je la trouve assez quelconque la reprise mais voilà, je partage.

Nina

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Revenir en haut de page