RACONTE MOI DES HISTOIRES

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

Expérimenter pour écrire ? Le cas Tinder

Parmi mes milles projets d’écriture, il y a l’aventure d’Audrey, néo célibataire, et ses amis. Je crois qu’il est difficile d’écrire des histoires d’amour et de sexe, sans se pencher sur le cas des sites de rencontre. Ou plutôt des applications de rencontre. Le souci, c’est que je ne les connais pas. J’ai testé Tinder sur un temps très court, stressée à l’idée que des mecs lambdas sachent qu’une fille avec ma trombine vivaient à moins de deux kilomètres de chez eux. Le côté swipe m’a blasée aussi, j’avais trop de “mmm, à voir” pour que ça me corresponde. Je n’ai pas eu l’occasion de tester Happn ou Bumble. Je suis larguée. Du coup, si je veux raconter ces histoires-là, faudrait que je teste, non ?

Applications de rencontre

Se ramasser tout le négatif des sites de rencontre sans le positif ? Bof

Alors comprenez bien. Je suis pas en train de me trouver une excuse. Si je devais faire ça, j’en parlerais à Victor. Le problème n’est pas au niveau de ce que ça pourrait représenter dans mon couple. Le souci, c’est que je n’ai absolument pas envie de me recoller là-dedans. Parce que les sites de rencontre représentent une potentielle violence pour les femmes, j’en ai déjà parlé. J’ai pas envie de ramasser dick pics non sollicitées ou un mec ne me réponde plus car la dernière photo envoyée ne lui plaît pas. Sans parler de questions orientées qui te font vite capter que si tu ne correspond pas à certains canons, tu seras ghostée en deux minutes. Chacun ses goûts, je dis pas, mais j’ai quelques souvenirs de me prendre une claque un peu gratos sur ce genre de sites, des conversations qui se terminent en engueulade. Quelle flemme. 

It's a match, Tinder

Tester mais jusqu’où ?

 Déjà, je ne sais pas jusqu’où je serais censée aller pour avoir de la matière ? Je veux dire, si c’est juste pour voir à quoi ça ressemble, je télécharge, je trafique cinq minutes puis emballé, c’est pesé. Sauf que je ne sais même pas ce que je cherche. Car on caresse la différence entre expérience et recherche documentaire, je crois. En vérité, pourquoi je m’embêterais à m’inscrire sur ce genre de site alors qu’il existe des dizaines d’articles, vidéos, podcasts, tribunes, etc. sur le sujet. Mes potes célibataires aussi. Comment vous croyez que je connais Bumble ? Alors oui, je me repose sur une subjectivité mais mon propre avis le serait aussi. Moi, à la grande époque des sites, je ne jurais que par Okcupid et je détestais Adopte un mec. Par rapport au fonctionnement et à la qualité des inscrits. Mais apparemment, aujourd’hui, Okcupid, c’est un peu creepy. 

Pub Okcupid dans le métro new-yorkais

Se documenter est bien plus excitant

Et puis, faire ses propres recherches a un côté un peu excitant. D’abord parce que j’aime bien prendre en main un sujet, surtout au sujet où je ne connais pas grand chose. Mais surtout, je peux découvrir une ou deux petites anecdotes croustillantes à réintégrer dans mon récit, plus ou moins remanié. Non parce que déjà, dans le projet Audrey, l’histoire d’Elise est très fortement inspirée d’une histoire vraie. Pas la mienne mais une dont j’ai été témoin plus ou moins indirectement. Tout ce qu’on me raconte est du miel pour mon imagination. J’ai tout un roman en tête sur un groupe de potes qui évolue plus ou moins dans mon entourage et dont je connais la majorité des coucheries. 

Amitié et coucheries

Expérimenter ou documenter ?

Je me pose souvent la question de l’expérimentation vs la documentation. Dans le cas d’éléments qui ont une importance capitale dans le récit. Quand j’étais plus jeune, je considérais que je ne devais parler que de ce que je connaissais, le reste étant ellipsé ou tout simplement supprimé du récit. Genre, quand j’étais vierge, le sexe était éludé d’un “elle rougit quand elle vit le lit totalement défait, souvenir de leur nuit agitée”, un truc du genre. Il y a un souci de réalisme, un peu. C’est peut-être moi qui suis un peu tatillonne comme lectrice mais si un élément ne correspond pas à une réalité, ça me fait sortir du récit. Le “hein mais c’est pas possible, ça” ou le “ouais alors c’est pas du tout comme ça que ça marche”. Je reviendrai sur la vraisemblance plus tard. Je trouve important de proposer une histoire la plus crédible possible à ceux qui liront, peut-être, ma prose. Ce qui est bizarre vu que l’idée d’être lue ne m’intéresse pas trop, en fait. Mais par exemple, quand j’écrivais le roman de Maja que j’ai placé un peu au hasard en Suède, je passais beaucoup de temps sur Google Maps pour regarder un peu la topographie, je checkais sur Tripadvisor pour repérer des cafés où mes personnages pourraient boire un verre. Mais est-ce suffisant ? Est-ce qu’un vrai Stockholmois ne sortirait pas du récit en mode “mais de quoi elle parle, ça se peut pas !”. Un peu comme nous quand Carrie Bradshaw sort d’un taxi avenue Montaigne et voit la Tour Eiffel… alors que non.

Fausse Tour Eiffel à Las Vegas

Non, je n’irai pas sur Tinder

Donc, non, je ne m’inscrirai pas sur Tinder et ses amis. Par contre, je vais partir à la recherche de témoignages… et peut-être de caps écran, aussi.

Nina

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