RACONTE MOI DES HISTOIRES

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

Chapitre 1 : comment exposer ton univers ?

Je me lance dans la réécriture de Augura et Technopolis V1, aaaaaaah. Bon pour le moment, c’est surtout une premier relecture où je corrige des fautes ou des phrases un peu mmm. Ce qui est drôle, c’est que je corrige un manuscrit qui a un an… et un qui en a environ 20. Et mon style est bieeeeeeeeeen différent. Mais on s’en fout, c’est pas le sujet. Mais ça fera un bon article, néanmoins. Aujourd’hui, on va parler du chapitre 1, celui qui va poser l’univers. Assez crucial quand l’univers, c’est pas notre monde d’aujourd’hui.

Rétrofuturisme

Dépeindre sa dystopie en cinq minutes

Augura et Technopolis ont l’avantage d’être deux dystopies donc on va se confronter au même problème : comment poser un univers qui n’est pas celui de notre monde. En quelques mots, on doit poser une société avec ses règles puis y déposer nos personnages. Dans Technopolis V1, je ne m’étais pas tracassée plus que ça : un prologue en bonne et due forme. Je narrais une pile d’événements permettant d’arriver au début de mon récit. Simple. Propre. Pas original mais propre.

Exposer ton univers

Ou distiller son nouvel univers pas à pas

Dans Augura, mais aussi dans Et la Terre s’ouvrit en deux, qui n’est pas encore en relecture, je la joue un peu différemment. Le premier chapitre me permet effectivement de poser le décor. Dans Augura, on est à la limite du prologue précité puisque je raconte la fondation d’Augura par une sorte d’Elon Musk qui fait des Ted et tout. Rassurez-vous, ce personnage sera mort très vite puisqu’il fonde la ville puis on part quatre générations plus tard. Vous me direz que j’ai pas été subtile sur le cliché de l’entrepreneur. Je vous répondrai “certes mais c’est pas le sujet”. L’héroïne n’arrive que dans les dernières phrases puisqu’elle est de la quatrième génération d’Auguriens et pour elle, tout ce qu’elle va vivre est une normalité.

Univers futuriste
C’est pas du tout censé ressembler à ça Augura mais j’ai pas le temps de faire un PPT art, là

Ne pas s’étonner d’une normalité

Et c’est un peu la difficulté des dystopies. Enzo l’avait très bien souligné il y a des années sur Time Out. Pour un peu souligner l’aspect étrange de ce nouvel univers, un personnage dit “ah, quelle drôle d’époque où vous ne pouvez savoir si cette jeune femme est ma fille, ma femme ou ma mère”. Sauf que ça fait plusieurs générations que la mutation a eu lieu et comme disait Enzo “ils devraient même pas le noter”. Comme si je sortais “ah, quelle drôle d’époque où on peut regarder une émission télé en même temps que d’autres personnes directement de son canap”. Ou même, alors que c’est même pas une question de génération “quelle drôle d’époque où je peux envoyer un message instantané à une personne à l’autre bout du monde”. Ca n’ébahit plus personne. 

Whatsapp, c'est le futur
Waouuuuh !

Ne pas surexpliquer le quotidien

Me voici donc à Augura. Iris, mon héroïne est de la 4e génération, c’est précisé 36 fois dans le roman. Elle ne doit pas s’étonner de ce qui se passe mais je dois décrire son quotidien. Notamment la cérémonie de la maturité qui est le vrai point de départ de mon récit. La cérémonie de la maturité, pour elle, c’est comme le permis ou le bac pour nous : un rite qui peut marquer le passage à l’âge adulte mais qui est commun à tous. Le bac ou le permis, j’ai toujours su ce que c’était. Ca a pu me stresser mais j’ai pas besoin d’y penser, de me dire dans ma tête “lors de ce passage, je vais montrer à un inspecteur pas toujours aimable que je suis capable de conduire”. C’est un peu du vécu, l’inspecteur que j’ai eu pour le permis était vraiment horrible. Je l’ai néanmoins eu du premier coup. Pour ce que j’en fais… Mais voilà, notre personnage ne peut absolument pas s’étonner de ce qui est sa norme. On peut interroger nos normes. Sortir des constatations à base de “what a time to be alive” mais ce sentiment vient plus d’un désabusement, c’est souvent cynique. Et même en cas de cynisme, tu peux pas passer du temps à décrire ton quotidien.

Le sarcasme

Narrer par l’émotion des personnages

Alors il existe plusieurs techniques. Le prologue, simple, efficace. Un peu cheaté mais au moins, on est certains de planter les choses simplement. Mais il est vrai que je trouve la technique de la petite touche plus intéressante car planter un décor trop “chirurgicalement” peut manquer d’enjeu. Par exemple, Augura obéit à certains rites. Si je les liste froidement, je ne révèle pas l’émotion de ceux qui y participent. Genre la cérémonie de la maturité. Qui ressemble énormément à la cérémonie de carrière dans Le passeur ou le choix de la faction dans Divergente. Mais se reposer sur quelques concepts déjà connus, pourquoi pas ? Surtout quand on veut raconter une société codée à l’excès où le choix n’existe plus. Car oui, c’est ça, Augura. Une humanité libérée du poids du choix car choisir, c’est renoncer, bla bla bla.

Un univers futriste
Ah oui, c’est carrément plus proche d’Augura… mais sans le pont

Et comme il s’agit d’une société futuriste, la semaine prochaine ou une autre, on parlera technologie.

Nina

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