Vais-je m’en plaindre ? Non. Parce qu’il faut vraiment que je profite de ma période de chômage pour mater plein de téléfilms pour les chroniquer pour ici. Bref. Récemment, j’ai pris l’avion, un (très) long courrier. Et que fait-on dans les longs courriers ? On mate des films. Le souci, c’est quand tu enquilles deux fois 24h de vols en moins d’un mois, c’est que tu épuises vite les nouveautés. Sinners, fait ! Zootopia 2, fait ! Rental Family, fait. Il faut que je vous en parle de ce film, il était incroyable… Bref, à un moment, reste La femme de ménage. Bon, après tout, c’est pas loin de l’heure de dormir, je m’endormirai peut-être devant.

Un roman phénomène que je n’ai pas trop eu envie de lire
D’abord, un point sur ma relation, ou plutôt ma non-relation, avec le roman “phénomène” dont il est tiré. La femme de ménage de Frieda McFadden. J’ai beaucoup tourné autour de ce livre, encensé par une bonne partie des lecteurices. Mais dézingué par une autre qui le trouvait plat, mal écrit. Par snobisme, sans doute, j’ai plutôt écouté la deuxième partie. Celle des gens qui lisent et qui en font des vidéos. Depuis, je suis un peu agacée parce que Nextory me propose toujours toute la palanquée de romans de Frieda McFadden alors que moi, je n’écoute quasi que des dystopies et, aux dernières nouvelles, ça n’en est pas.

Bon, après tout, pourquoi pas ?
Bref, j’étais donc restée à côté du phénomène. Et puis l’avion, l’ennui. D’un côté Amanda Seyfried que j’aime bien, de l’autre Sidney Sweeney que j’aimais mieux quand je ne la voyais pas à l’affiche de tous les films et séries du moment. Bref, la hype n’est pas vraiment là mais pourquoi pas. Je vais mettre ça en anglais sous-titré anglais, ça me préparera pour la Nouvelle-Zélande. C’est parti. Et en fait, c’était une bonne surprise mais pas pour les raisons que j’attendais.

Une bourgeoise un peu frappadingue
L’histoire. Millie, une jeune femme un peu paumée, se fait embaucher comme femme à tout faire dans la superbe maison de Nina, une bourgeoise un peu expansive. D’abord ravie de sa bonne fortune puisqu’elle sort tout juste de prison et vit dans sa voiture, Millie va vite déchanter. Sa chambre, sous les combles, a tout d’une cellule et sa patronne a l’air un petit peu instable. Du genre à lui donner des ordres contradictoires puis à l’accuser de faire exprès de la mettre dans l’embarras. Elle la renvoie toutes les dix minutes avant de changer d’avis. Boss toxique au max, quoi.

Fantasmer sur le mari de la patronne
Nina est mariée au beau Andrew, mari et père aimant. Millie se sent un peu émoustillée par son patron mais évidemment, ne tente rien. Jusqu’à un week-end où, suite à une énième demande de Nina suivie d’un “j’ai jamais demandé ça”, Andrew et Millie se rapprochent. Ce qui ne va pas plaire à Nina qui va vite comprendre le petit manège qui se joue dans son dos.

On dirait un téléfilm
Bref, on est un peu sur un thriller classique. Une jeune femme paumée, une femme visiblement folle, un pauvre mari victime. Ca me fait peu ou prou penser au scénario du téléfilm Une étrange babysitter. Sauf que c’était la babysitter qui était folle. Deux femmes rivales pour un seul homme, c’est la base d’énormément téléfilms. Et justement, c’est exactement ainsi que j’ai délivré mon avis à mon cher et tendre qui me demandait ce que j’avais pensé du film. “C’est un mauvais film mais un très bon téléfilm”.

Des acteurices qui manquent un peu de direction
Reprenons. Le jeu d’acteurice est assez inégal. Sweeney est parfaitement monolithique, réagissant assez peu aux événements qui lui arrivent. Je n’ai pas beaucoup d’avis sur le jeu d’actrice de Sidney Sweeney. Parce que je ne l’ai vue que dans la saison 01 d’Euphoria. Et ensuite dans un tas de shorts sur la série la montrant dans la saison 02 dans ses déboires amoureux avec Nate. Je n’ai pas l’impression qu’elle joue mal dans cette série. Là, par contre, dans La femme de ménage, je la trouve insipide. Clairement peu dirigée. Alors qu’Amanda Seyfried en fait trop. Beaaaaaucoup trop. Bon, il y a une explication narrative à ça. Mais ça m’a rappelé que je l’aimais mieux dans des rôles un peu comiques, décalés, et qu’on lui en offre très peu. On l’utilise surtout pour sa beauté. Enfin, d’elle, je n’ai vu que Mean girls où elle était géniale, puis les pas terribles Time Out, Le chaperon rouge ou encore Anon. J’ai peut-être pas regardé les bons films. Toujours est-il qu’elle est un peu en roue libre pendant une bonne partie du film. Quant à l’homme au centre de toutes les attentions, Brandon Sklenar, j’ai presque envie de dire que je ne me souviens même plus de sa prestation.

Cette non-réalisation, c’est typique des téléfilms
Donc niveau jeu d’acteur, c’est pas fou. Vraiment, pardon mais à un moment, Millie est occupée à nettoyer. Et on voit Sidney Sweeney astiquer un lustre et j’avais vraiment l’impression que la seule consigne qu’elle avait eue était “fais le ménage” et qu’elle n’avait aucune idée de quoi faire. Et sinon, niveau réalisation ? C’est plat. Plat, plat, plat. Je veux dire les plans s’enchaînent et racontent une histoire mais l’image est au pur service de la narration. Aucun effet de style, aucune intention de réalisation autre que celle de juste raconter une histoire. Quand j’avais écrit un article sur ma passion des téléfilms, j’avais expliqué que je les aimais car ils étaient de purs objets narratifs. Chaque image est dédiée à la narration. Notamment les gros plans sur un élément pour qu’on soit bien attentifs. Du coup… La femme de ménage est un excellent téléfilm.

Ca ne méritait pas le prix du ticket de cinéma
Mais un très mauvais film, par contre. De par sa direction d’acteurs que je suppose inexistante, de par son manque total de travail de mise en scène. Je suis contente d’avoir vu ce film gratuitement car payer 10 balles pour voir ça, ça m’aurait fait un peu mal au derche. Même les 5 € de mon ciné de quartier qui l’a diffusé alors qu’ils ne passeront pas Project Hail Mary qui est génial (j’en parle demain sur Dystopie) et qu’ils n’ont pas diffusé 28 ans plus tard, deuxième volet. Que j’ai raté du coup. J’espérais le voir dans l’avion mais non. Ceci est juste un téléfilm.

Une histoire somme toute classique
Et je pense que le livre est pensé comme ça. On a une structure narrative très classique. Une maison bourgeoise dans laquelle se cachent des secrets, des choses mystérieuses. Une nouvelle arrivée qui se prend tout en pleine face. Une montée du désir qui aboutira, on le sait, à une liaison. Et puis un retournement de situation. J’avoue que je l’avais pas vu venir. Je ne cherchais pas à le voir venir, certes. Mais il m’arrive de pas chercher et de trouver quand même. Assez bien vu même si, du coup… y a comme un léger souci dans la psychologie des personnages et le jeu de relations entre eux.

Très bien pour un moment de glande
Je ne vais pas détailler ce retournement de situation parce que franchement, je vous conseille de voir ce téléfilm. Il est de très bonne facture. Gratuitement, un après-midi de flemme, par exemple. Un soir de glande, pourquoi pas. En fait, j’étais un peu énervée durant la moitié (les deux tiers ?) du trope de la femme folle qui est quasi présent systématiquement dans les téléfilms alors que toutes les stats de la vraie vie démontrent que les femmes sont rarement le problème. Le plot twist rebat un peu les cartes là-dessus et on comprend le surjeu d’Amanda Seyfried. Mais… la conclusion nous tisse une version très “sorore” de cette histoire alors que… Pardon mais pas du tout ? Franchement, si je devais résumer la happy end, c’est un peu “Bon, je t’ai fait un giga coup de pute qui aurait pu te coûter très cher mais on est trop besties, maintenant ? – Ouais, ok.” Non ? Vraiment la dimension solidarité féminine qui sert un peu de toile de fond au rebondissement est tellement forcée… et abusée après nous avoir imposé le trope de la femme folle.

Un film qui finit en téléfilm, ça existe
Bref, un bon téléfilm avec sa bonne dose de maladresse. Ni plus, ni moins. Un téléfilm avec un casting quatre étoiles mais tout de même… Après tout, le film Usurpation avec Nicolas Cage et Gina Gershon (Volte-Face, Showgirls et elle a même participé à un épisode de Younger) est packagé en téléfilm renommé “Obsession”. Y a même Faye Dunaway dedans. Et là aussi, la direction d’acteur est… Nan de Dieu.

Peut-être lire ces livres dans mes moments perdus
Un dernier point : je suis encore plus intriguée par Frieda McFadden maintenant. Parce que si le roman est similaire au film dont il est extrait, ça fait de la bonne came de vacances ou de détente. A une époque, j’avais une lecture du “temps perdu” que je lisais aux toilettes ou quand je me faisais couler un café à la machine du boulot. Bon, là, j’ai plus de boulot mais ça peut être une idée… Ah, sauf que sur Nextory, la seule langue disponible pour la version livre est le danois. Og lort !