J’ai mis un seul adjectif en titre mais j’aurais dû mettre “pathétique” et “insupportable” aussi. Mais les titres trop longs, ça ne plaît pas à Google. Bref. Récemment, j’ai lancé une série Netflix, binge watché en un week-end, “Journal d’une fille larguée”. J’espérais un truc un peu marrant et… bof. Pourquoi les héroïnes de séries pseudo romantiques sont-elles toujours aussi exaspérantes ? Et pourquoi ne pas avoir fait la série sur sa soeur Adina, plutôt ? Elle, elle a l’air bien plus intéressante. Bref, encore une série avec un personnage en crise qui ne s’intéresse qu’à son nombril, voyons ça de plus près.

L’histoire d’une meuf paumée, pour faire original
L’histoire, même si on s’en fout. Amanda est une meuf paumée en quête d’amour perpétuelle. Enchaînant les dates et relations foireuses, elle pousse l’expérience jusqu’à la limite du glauque. Sauf que son inconséquence peut aussi avoir des répercussions sur ses proches, notamment sa sœur Adina qui doit gérer non seulement sa soeur mais aussi leur mère.

Les errances amoureuses, c’est carrément ma came
Le pitch me branchait bien. Les errances amoureuses, c’est ce que j’écris de mon côté dans le tapuscrit du projet Audrey qui atteint désormais 500 000 signes. J’approche de la fin même s’il me reste un énorme morceau. Et je rajoute toujours des trucs en fonction d’histoires que l’on me raconte. Là, par exemple, je viens de cueillir une histoire d’une fille au petit matin qui se recoiffe à l’arrêt de bus après avoir pris la pluie, un truc d’une sensualité… Enfin, dans ma tête parce que moi, je vois une jeune femme dans la séduction après une pluie divinement rafraîchissante, alors qu’elle, sur le coup, elle avait peut-être juste froid jusqu’au fond de l’âme. Et ne se recoiffait pas pour séduire le garçon assis, là. Bref.

Une quête désespérée de l’amour
Revenons à Amanda même si je ne l’aime pas. Pendant les sept épisodes de la saison, elle enchaîne les plans plus ou moins glauques mais avec l’envie d’y croire. Amanda veut vraiment trouver l’amour mais elle ne semble pas avoir le mode d’emploi. Ou alors elle tombe sur de sales histoires. Le golden boy fan de Zlatan qui fait du sexe une performance sportive et révèle le lendemain qu’il est fiancé. Le serveur mignon qui la ghoste. Le concierge mignon mais qui n’a pas envie d’être avec elle parce qu’il la trouve trop entreprenante… Moins ça marche, plus elle baisse des critères, finissant dans une partie de jambes en l’air SM à faire le poney.

Sur le papier, ça sonne bien
Dis comme ça, ça a l’air super intéressant. Pas l’histoire du poney mais la globalité. Parce qu’on sent la fragilité d’Amanda et on peut compatir à ses galères. Le côté on va passer la soirée chez un mec en espérant que c’est le bon et s’entendre dire “ah mais moi, je veux rien de sérieux. Au pire, on couche juste ensemble”, on saisit bien l’ascenseur émotionnel. On n’a peut-être pas toutes vécues ça précisément mais on peut avoir de l’empathie pour ça.

C’est moi l’héroïne, regardez-moi !
Sauf qu’Amanda est insupportablement égocentrique. Le syndrome du personnage principal. Qu’elle est, certes, mais ça en est à un point où quand elle voit ses amis, elle tolère peu de ne pas être le centre de l’attention. Et avec une immaturité avec ça. Le problème de la série est double : non seulement l’héroïne est une petite conne égocentrique mais en plus, celle qui paie les pots cassés de tous les débordement d’Amanda, c’est Adina. La soeur. Un personnage absolument touchant et adorable. Vraiment pour vous situer l’absurdité du truc, deux scènes. La première, Adina et Amanda sont chez cette dernière. Adina est dans la chambre de sa soeur quand des bestioles sortent soudain d’une grosse branche qui est là pour la déco. Alors qu’elle panique et cherche une solution, sa soeur, habitante de la dite chambre, soupire en regardant le plafond “mais tu crois qu’il va me rappeler”. Ta chambre est ravagée, meuf, bouge ton cul !

Traumatiser ma soeur parce que y a que moi qui compte !
Autre moment. Adina et Amanda ont une sorte de business d’event où elles mettent en scène des événements marketing. Genre créer un cabinet d’injection de botox dans un centre commercial ou installer une chambre dans un container vitré dans un parc. Alors qu’elle est en plein flirt avec un mec, Amanda décide de placer un feu d’artifice dans le container et déclenche un incendie, ce qui l’amuse beaucoup. Sauf que ça déclenche des tocs chez sa soeur qui se met à tout vérifier trente fois avant de sortir de chez elle, persuadée qu’elle est responsable de l’incendie car elle n’avait pas tout vérifié. Quand Amanda l’apprend, pensez-vous qu’elle raconte tout à sa soeur ? Non car c’est une connasse et qu’elle se contente de dire au mec de sa soeur “Ohlala, durs ses tocs en ce moment, pfiou”.

Faites une série sur la soeur, en fait
Pourquoi elle ne dit rien ? Parce qu’elle a peur de prendre une soufflante par sa soeur. Mais en même temps, tu l’as peut-être un peu cherché, non ? Mais comme Amanda ne pense qu’à Amanda, elle se tait. Sa soeur souffre, elle aurait moyen de la sortir de là. Parce qu’Amanda est… égocentrique. Il n’y a qu’elle qui compte en toute circonstance. En plus, c’est pas comme si Adina essayait de faire fonctionner la famille du mieux qu’elle peut toute seule vu que la mère est aussi inconséquente qu’Amanda. Vraiment, il aurait fallu faire une série sur Adina, j’insiste. Son mec a l’air adorable, elle se démerde comme elle peut avec les deux boulets qui lui servent de famille. Evidemment, pour que je sois contente, la série sur Adina n’aura qu’une seule fin possible : envoyer péter tout le monde et partir avec son mec loin de cette famille toxique là.

Amanda est une anti-héroïne totalement loseuse
Amanda est, en fait, un symptôme assez classique de l’anti-héroïne. De l’anti Carrie Bradshaw, presque. Carrie n’a pas une vie amoureuse idéale, essentiellement parce qu’elle donne trop d’importance à une relation toxique. Mais les hommes la respectent. Elle ne se fait pas poser de lapins, n’a pas trop de plans foireux, ne se fait pas ghoster. Certes, elle se fait plaquer pas post-it par Berger mais c’est un effet de bord de son succès que Berger ne supporte pas. Tiens, ils ont repris ça dans Valeria quasi mot pour mot. Oui, Carrie choisit mal ses mecs mais ils sont quand même en couple avec elle. Amanda, elle, cherche un compagnon quand ses conquêtes ne la voient que comme un plan cul. Amanda a un style vestimentaire un peu border (mais en vrai, j’adore), elle n’a pas la mise en pli parfaite de Carrie, gâche un moment sexy avec un mec qu’elle désire depuis longtemps parce qu’elle sent la transpiration, se fait lécher sur une table de ping-pong. Et elle a plein de bêtes dans la déco de sa chambre.

Faire des erreurs mais en tout égocentrisme
Encore une fois, faudrait voir à doser. J’ai déjà écrit sur l’anti-héroïne gourdasse que je déteste de toute mon âme mais ici, ce n’est pas forcément mieux. Amanda est paumée mais la série ne sait pas bien écrire sa détresse et en fait une meuf insupportable et égocentrique qui va d’erreur en erreur en courant. Oui, je trouve ça intéressant un personnage qui fait des erreurs, un personnage qui ne va pas forcément très bien. Mais Adina aussi, elle ne va pas très bien. Et elle, elle est altruiste. Peut-être un peu trop.

J’aurais aimé aimer cette série
Bref, écrire des personnages, c’est toujours un gros défi. J’aurais aimé apprécier Journal d’une larguée, je m’attendais vraiment à une petite comédie sympatoche. Mais j’ai juste détesté parce que son héroïne est effroyablement égocentrique et qu’à la fin, je me disais juste qu’elle ne méritait l’amour ni d’un mec, ni de sa famille, ni de ses amis. C’est horrible de penser ça mais la série m’y pousse. Et le pire, c’est que je suis sûre que s’il y a une suite, ils vont finir par la pousser à draguer le mec de sa soeur. Ca va me faire vriller. Et pas juste parce que je suis team Adina.
Un commentaire sur “Peut-on écrire un personnage en crise sans qu’il soit égocentrique ?”