RACONTE MOI DES HISTOIRES

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

Mais puisqu’on te dit qu’il a du charisme

Il y a des choses que l’on considère comme acquises. Comme avoir du charisme. Je pensais que ça ne se discutait pas. Mais quand je vois certaines fictions où un personnage est censé en avoir alors qu’il me fait le même effet qu’une endive, je m’interroge : c’est moi ou… ? En tout cas, vu que la galaxie de personnages qui gravitent autour n’arrêtent pas de s’extasier là-dessus, je dois pas être la seule à être légèrement dans le doute.

Un personnage sans charisme

Des héros trop parfaits

Je parle charisme mais je suppose qu’on aurait pu prendre d’autres qualités. Exemple : la violence intrinsèque de Max Payne dans le film éponyme. Alors que, comme le disait Karim Debbache, le mec que je cite trop souvent, il ne fait pas peur, en vrai. Pour le charisme, c’est pareil. Autant dans un roman, il faut bien placer le personnage et, si ce n’est pas répété toutes les trois pages, ça passe. C’est souvent le défaut majeur des romans où l’auteur (ou autrice mais surtout auteur) se place carrément dans la peau du héros. Le mec devient alors incroyablement badass. Le plus beau, le plus fort, le plus intelligent, les femmes s’évanouissent sur son passage. Typiquement le Robert Langdon de Dan Brown. Le mec se lève, sauve le monde en résolvant énigmes millénaires en esquivant la mort, et remporte la fille à la fin. Même une descendante de Jésus, elle fond, c’est pour dire.

Leonardo di Caprio, une question de charisme

Tom Hanks, le charismatique… ?

Et transition parfaite pour parler d’un acteur qu’on m’a toujours vendu comme charismatique alors que pas du tout : Tom Hanks ! Le Robert Langdon des films. Est-ce que vous avez déjà jeté un oeil à la filmographie de Tom Hanks et surtout aux femmes qu’il fait succomber même quand il est plus stupide que la stupidité ? Robin Wright, donc, Halle Berry, Daryl Hannah pré-chirurgie, Meg Ryan pré-chirurgie et même notre frenchie Audrey Tautou. Tom Hanks qu’on me vend comme un sorte de Steve Jobs qui fait beaucoup d’effets à Emma Watson dans The circle. Comme dirait le Fossoyeur dans sa chronique sur Cloud AtlasTom Hanks en leader d’un monde post-apo, ça marche pas« .

Tom Hanks et Halle Berry dans Cloud Atlas

Les chefs toxiques et leur charisme fantôme

Mais encore, y aurait que Tom Hanks… Mais non, poursuivons. Le prototype du charismatique pas charismatique se cache pour moi dans le chef toxique que j’ai chroniqué par ailleurs. Ce sont quand même globalement des gens sans charisme mais on va te raconter qu’on les respecte de ouf parce que… je ne sais pas, ils maltraitent les gens. A l’exception de Viola Davis qui, effectivement, dégage un truc, même si son personnage dans Murder est problématique… mais comme tout le monde dans cette série, ok. Autre chef charismatique que je n’ai pas évoqué dans mon article car je ne sais plus s’il est abusif ou pas : Horatio Caine. Non mais vraiment, le mec, ils lui ont fait un gimmick et tout genre c’est le boss du game alors que le mec ne tient même pas droit et n’a pas d’épaules. C’est pas parce que vous lui mettez une musique bad ass et des lunettes de soleil que ça marche.

Horatio Caine

Une chemise noire et ça fera l’affaire

Et plus la série est cheap, plus on va avoir droit à des personnages avec une consistance de barbe à papa qui sont censé avoir un charisme de fou. Genre Salvation avec le Elon Musk local singé en Jeff Goldblum. Jeff Goldblum, lui, par exemple, il a du charisme et pas juste parce qu’il a une chemise noire largement ouverte. Le charisme, c’est pas juste une attitude ou une tenue vestimentaire, c’est une aura et ça se voit à l’écran. Ca me sort toujours du film ou de la série quand les personnages n’arrêtent pas de répéter un fait pour nous le faire admettre alors que je peux constater que non. Déjà, naturellement, j’ai du mal avec le personnage de leader que je trouve parfois entré au forceps dans le scénario… Sujet qui mériterait bien un article. 

Darius Tanz

Répéter, ce n’est pas gagner

Souvent, le souci, c’est qu’on a pas le temps de tout poser, les personnages sont littéralement plantés dans le décor. Lui, c’est le mec charismatique et elle, c’est la bonnasse dont tout le monde vante la beauté naturelle… Alors que le botox lui fige tellement le visage qu’elle doit surjouer en permanence. Genre Salvation où ce côté mimesque à outrance m’a bien fait sortir du truc. Cependant, si tes personnages doivent dire un truc en permanence pour que le spectateur admette un fait, c’est que ça ne fonctionne pas.   

Nina

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