RACONTE MOI DES HISTOIRES

Pour bien raconter les histoires, il faut aussi savoir les écouter

Inspiration de fin de monde

On aime se faire peur. Je sais pas bien pourquoi et je suis pas là pour analyser ça. Un pic d’adrénaline, sans doute. On aime croire qu’on vit une fin sanglante de l’histoire, celle où les immeubles s’effondrent et la Terre craquèle façon 2012. Ah, c’était un peu la folie, 2012.. ça me paraît si loin. La fin du monde excite l’imagination et quand on vit une situation exceptionnelle pour de vrai, c’est parti pour de folles histoires.

Les villes vides avec le confinement, parfum de fin de monde

Frénésie littéraire

La semaine dernière, je voyais une vanne de type “une pensée les éditeurs qui vont être submergés par des manuscrits sur le confinement dans 6 mois”. J’ai ri. Mais force est de constater que ma machine à histoires s’emballe et me trouve trois fiction par jour sur le sujet. Et je ne vous parle même pas d’un journal de confinement, on verra ça lundi prochain.

Rotatives

Notre vie est une matière première

Parce que j’observe et je note. Il paraît que c’est comme ça que marchent les écrivains. Et les acteurs aussi. Ce que l’on vit est une matière première. Cet état d’esprit permet un peu de rentabiliser la lose, aussi. Par exemple, quand vous subissez une horrible rupture et que vous avez tellement pleuré que les yeux vous brûlent, souvenez-vous en pour la prochaine histoire de rupture que vous écrirez. Et on fait difficilement plus inhabituel qu’un confinement qui va durer plusieurs semaines (on va pas sortir dans une semaine, je vous l’annonce). 

Opera de Paris pendant le confinement

Tout a changé… ou pas ?

Alors on a droit à la vision angoissante d’un Paris vide. Alors moi non car je vis en banlieue dans un coin pas si fréquenté à la base. En réalité, entre la relative peu animation de mon quartier et le fait que j’ai télétravaillé quasi tout décembre, je ne ressens pas vraiment l’effet confinement pour le moment. Enfin, je ne l’observe pas de ma fenêtre car à côté de ça, il y a la panique et la paranoïa ambiantes. On fait les courses de façon plus sérieuses que d’habitude pour être sûrs de ne manquer de rien. On se préoccupe de faire du sport alors qu’en temps normal… Je cherche le meilleur programme santé. Me caler une bonne routine, y compris pour l’écriture. Parce que c’est pas le confinement qui me stresse mais son éventuelle durée… C’est pas un hasard si toute l’administration publique parle de 45 jours…

Compter les jours

Spectacle d’une année atypique

Alors je me bute aux réseaux sociaux. Les photos d’un Paris vide, les messages alarmistes, je contemple les queues devant mes franprix d’ordinaire peu fréquentés. J’observe, je vis. On est loin d’une guerre, je ne vis pas la maladie non plus actuellement mais, définitivement, l’année 2020 sera un peu atypique. Et encore, je dis ça, je ne sais pas encore à quel niveau.

Paris vidé de ses habitants

Ecrire un roman de confinement ? Non. Essentiellement parce qu’à mon niveau, il n’y a pas d’enjeu. Je veux dire, mes interrogations actuelles sont :

  • Est-ce que je vais être malade ?
  • Est-ce que je vais arriver à trouver une routine qui m’évitera de grossir ?
  • Vais-je passer en chômage partiel ou perdre mes vacances ?

Même le suspense du PQ, je l’ai déjà cassé. Alors évidemment, je guette un peu les histoires que je vois passer. Les histoires de cohabitations compliquées, les fantasmes sur les histoires d’amour entre voisins, des duos musicaux rigolos… Mais l’enjeu reste léger. Il y a risque de mort mais il reste ténu, lointain.

Hôpital de fin de monde

Ecrire l’après 2020

Alors s’inspirer, oui. Il y a de très bonnes dystopies  confinées comme Metro 2033 et Silo ou encore Snowpiercer (je republie ces articles sur Dystopie cette semaine, héhé). Sauf qu’au vu de mon super appart avec balcon et jardin privé, je ne ressens pas l’angoisse de l’enfermement. Reste une question : j’ai prévu d’écrire des chroniques amoureuses (le projet Audrey). Des choses très ordinaires. Mais comment raconter l’amour avec cette année si particulière ? Clairement, l’histoire devra se passer avant. Car désormais, aucun couple ne pourra faire l’impasse sur ces six semaines passées à vivre l’un sur l’autre. Même ceux qui auront survécu à ça.

Nina

3 réflexions sur « Inspiration de fin de monde »

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