Enfin, je sais pas si j’ai vraiment aimé. Peut-être ai-je aimé détester ? Aujourd’hui, je souhaite vous parler d’une série que j’ai vue avant de partir en vacances et qui me laisse toujours perplexe. J’ai ce rapport en ce moment avec pas mal de fictions, ce côté “je sais pas si j’ai aimé ou pas”. Mais j’avais envie de vous parler de The Great parce que, à froid, je vous dirais que cette série est absolument calamiteuse et pourtant, il y a un truc. Et une fiction qui me chiffonne, c’est forcément sujet à article. Go !

Une jeune fille naïve qui déchante
The great nous raconte donc l’histoire de Catherine II de Russie dite la grande Catherine. The great, donc. Enfin, nous raconte… Une vision extrêmement romancée qui prend de grandes largesses avec l’histoire. Je ne suis pas calée en histoire de Russie donc je ne vais pas jouer la puriste. Mais si on va quelques minutes sur la page Wikipedia de Catherine II de Russie et qu’on compare à ce que nous raconte la série… Alors partons du principe qu’il s’agit d’une version alternative. La jeune et innocente Catherine débarque à Saint Pétersbourg pour se marier au tsar Pierre III de Russie. Imaginant sa vie comme un réel conte de fées, la douce Catherine va vite déchanter quand elle va découvrir que la cour n’est qu’un ramassis d’alcooliques baiseurs et cruels et que son cher mari en est le plus zélé des représentants. Apprenant que le pouvoir n’est pas héréditaire et qu’elle pourrait récupérer l’Empire si son époux meurt, elle commence à comploter.

Une fine manipulatrice
Donc voilà, c’est l’histoire d’une femme aux ambitions Humanistes qui souhaite sortir la cour de sa médiocrité et de sa crasse pour en faire une sorte de nouveau Versailles. Catherine est en effet une grande admiratrice des Lumières. La saison 01 joue donc essentiellement sur l’antagonisme entre la brillante et un peu frigide Catherine et son époux, bête, méchant, gras et baiseur forcené, saillant à peu près tous les jupons de la Cour. Mais ayant une certaine préférence pour Georgina, la femme de son ami d’enfance Grigor. Catherine souffre puis finit par comprendre qu’elle s’en sortira en manipulant Pierre. Elle s’allie des forces de la Cour. Quelle fine stratège !

Et puis soudain, Cath fait n’importe quoi
Et puis patatrac. Le matin de son anniversaire, Catherine se réveille dans les bras de son amant Léo et décide que la révolution aura lieu aujourd’hui. Comme ça, pouf. Et ce qui devait arriver arriva : ce fut un relatif échec. Attention petit spoil ici : Pierre, sentant le vent tourner, prend en otage Léo et menace de le tuer si Catherine poursuit sa révolution. Celle-ci décide donc… de sacrifier son amant. Une scène d’adieu déchirante mais Catherine est persuadée qu’elle doit élever la Russie. Pourquoi pas. Sauf qu’ensuite… Catherine tombe amoureuse de Pierre. Oui, tout l’antagonisme de la saison 01 s’efface et elle lui pardonne tout. Même quand il tue sa mère par accident. Je ?

Des personnages en roue libre
Et c’est là que se révèle un gros souci de la série : les personnages n’ont pas de consistance. La palme revient sans doute à Marial dont je ne comprends jamais ni les motivations ni les allégeances. Un jour meilleure amie de Catherine, le lendemain sa pire rivale. J’ai envie de la surnommer “élément modificateur”. Ses élans de coeur et de cul étant essentiellement guidés par les besoins du scénario. Un peu comme la plupart des personnages. Franchement, avec mon mec, le nombre de fois où on a réagi à un changement de personnalité ou d’allégeance en mode “mais d’où ?” ou “pourquoi ?”. Les personnages font franchement n’importe quoi, leurs motivations sont flinguées, leurs personnalités changeantes. Le combo de l’enfer.

Parler en baisant parce que pourquoi pas ?
Et pourtant, j’ai de la sympathie pour cette série et je ne comprends pas pourquoi. Non parce que pareil, je l’ai pas explicitement dit mais les personnages passent leur temps à baiser. Fun fact : plus la série avance et moins on s’embarrasse. La femme arrive, soulève sa jupe, s’assoit sur le mec et gigote en mode “si, si, là, on baise”. Le sexe est ici une blague récurrente. Tout le monde semble avoir couché avec tout le monde, devant tout le monde parce qu’on s’en fout. Au point que des personnages vont en voir un autre pour lui parler, celui-ci est en pleine baise mais tout le monde discute comme si de rien n’était. A nouveau : pourquoi ? Je m’en fiche qu’il y ait des scènes de baise dans une série mais là, ça n’a aucun sens.

Un casting excellent
Evidemment, il existe une réponse simple à ma question : le casting. En tête d’affiche, nous avons Elle Fanning et Nicholas Hoult et leur alchimie fonctionne bien. Très bien, même. Leur incarnation de Catherine et Pierre est sans doute ce qui sauve la série. J’ai vraiment l’impression qu’ils se sont amusés à incarner ces effroyables personnages, car ils sont aussi horribles l’un que l’autre. Et on arrive à croire en l’histoire d’amour littéralement impossible entre ces deux-là. Hoult arrive à offrir suffisamment de nuances à son Pierre pour qu’on finisse par lui pardonner, nous spectateurices, l’impardonnable.

Du coup, qu’en disent les avis en ligne ?
Alors évidemment, je ne sais pas si ça arrive à sauver la série. Quand je suis partagée sur une oeuvre, j’aime lire les commentaires pour y voir, peut-être, plus clair. Ah, tous les avis négatifs chouinent sur la présence d’acteurices noir·es et sur le “wokisme” de la série. Oui, c’est vrai que présenter un mec violent, cruel et va-t-en-guerre comme un abruti, c’est hyper woke. J’ai même pas souvenir qu’il y ait un seul personnage LGBT, d’ailleurs. Y a bien un personnage qui explore très vite fait sa sexualité à un moment, un prêtre tenté par la chair masculine mais à part ça… Du coup, comme ça énerve les anti-wokes, je donne un point de plus à la série. Même si, franchement, c’est pas un incontournable.